C’est sur Twitter que le ministre des Affaires étrangères du Qatar, cheikh Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, a partagé ce mercredi 26 mai la nouvelle: «Selon les directives de sa majesté, cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, l'émir du Qatar, l'Etat annonce 500 millions de dollars d'aide en soutien à la reconstruction de Gaza.»

La bande de Gaza a été bombardée pendant une dizaine de jours par l'armée israélienne lors du récent conflit avec le mouvement islamiste du Hamas, qui contrôle l'enclave palestinienne. Une mission de l'Organisation des nations unies se trouve dans l'enclave palestinienne pour chiffrer les dommages engendrés par ce conflit. Mais, au-delà du millier d'appartements détruits, des routes crevassées et des infrastructures endommagées, c'est toute la question des traumatismes psychiques dus au conflit, et du futur de la bande de Gaza et de la Palestine en général, qui surgit.

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Contrôlée depuis 2007 par le Hamas, la bande de Gaza, un territoire exigu miné par la pauvreté et le chômage où sont entassés quelque deux millions d'habitants, a été le théâtre de quatre guerres entre Israël et le Hamas depuis 2008. Israël s'en était retiré en 2005 après près de 40 ans d'occupation mais y impose un blocus depuis près de 15 ans. Pendant le dernier conflit, ces jours, 248 Palestiniens ont été tués à Gaza dont 66 enfants et des combattants, selon les autorités locales. En Israël, les tirs de roquettes ont fait 12 morts dont un enfant, une adolescente et un soldat, d'après la police. 

«Nous ne devons pas simplement nous placer dans une approche de reconstruction (...) car cela revient à Sisyphe: vous construisez, vous détruisez, vous reconstruisez, vous détruisez. Nous devons avoir une approche plus large centrée sur le développement humain», a déclaré Philippe Lazzarini, chef de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA).

«Ce qui veut dire que cela doit être accompagné d'un vrai processus politique», a-t-il ajouté en soulignant la nécessité d'éviter une «normalité artificielle» à Gaza, où les habitants, en particulier les jeunes, seraient dépendants de l'aide, sans avenir, «jusqu'à la prochaine flambée de violences». Il est important de traiter les «causes profondes» de ce conflit qui dure depuis plus de 50 ans, a poursuivi Philippe Lazzarini dont l'agence a fait un appel de dons d'urgence de 38 millions de dollars pour Gaza.

Le cessez-le-feu, entré en vigueur vendredi dernier à la faveur d'une médiation égyptienne, n'a fixé aucune condition à l'arrêt des combats ni établi de plan pour la reconstruction. Mardi 25 mai, le secrétaire d'État américain Antony Blinken, en tournée au Proche-Orient, a promis de reconstruire les relations des Etats-Unis avec les Palestiniens en rouvrant un consulat à Jérusalem et en accordant lui aussi des millions d'euros d'aide à la bande de Gaza ravagée par la guerre.

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Anthony Blinken a confirmé par voie de communiqué que les Etats-Unis étaient «en train de fournir» une aide de «plus de 360 millions de dollars aux Palestiniens, dont 38 millions d'aide humanitaire». Il a également indiqué «travailler avec le Congrès» américain pour fournir une aide économique et au développement de 75 millions de dollars et une aide d'urgence de 5,5 millions de dollars, pour la bande de Gaza.