Genève

Le Qatar s'offre un prix contre la corruption

L'émirat gazier décernait vendredi en grande pompe un prix contre la corruption. Alors que les critiques redoublent sur l'attribution de la Coupe du monde à Doha en 2022

Sur la place des Nations, une main est tendue vers le ciel gris de Genève. Cette statue de 5 mètres symbolise l’effort international commun contre la corruption. Cette œuvre sera encore visible un mois. Pour remettre son prix contre la corruption, le Qatar a vu les choses en grand.

Le matin, une cérémonie sur la place des Nations a réuni le directeur de l’ONU, Michael Moeller, le président du Conseil d’Etat genevois, François Longchamp, et le maire de la ville, Rémy Pagani. Le cheikh Tamim ben Hamad al-Thani n’avait pas fait le déplacement mais a dépêché son frère pour représenter le riche émirat gazier toujours sous embargo de son voisin saoudien.

Générosité qatarie

Le prix a ensuite été remis dans une salle du Palais des Nations, réaménagée pour l’occasion. L’ONU s’est pliée en quatre pour accueillir l’événement. L’émirat, pour sa part, ne manque pas de générosité envers les Nations unies à Genève. Le 23 novembre dernier, le petit pays annonçait qu’il assumerait la rénovation d’une autre salle du palais pour un coût de 20 millions de francs.

Ce prix contre la corruption a été créé par le Qatar l’an dernier en collaboration avec l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, basé à Vienne. Vendredi à Genève, un ancien procureur italien, Gherardo Colombo, et un ancien ministre jordanien, Muhyieddeen Touq, ont notamment été honorés. «Ce prix ne serait pas aussi respecté s’il n’était pas transparent», assure Ali Bin Fetais al-Marri, le procureur général du Qatar et coordinateur de ce prix. Les conditions de participation sont accessibles sur Internet et le comité du prix affirme avoir reçu des «milliers de candidatures».

Une manière de contrer les soupçons?

Cette récompense n’est-elle pas une manière de contrer les soupçons de pots-de-vin sur l’attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar? Ali Bin Fetais al-Marri dément et pointe la jalousie des rivaux du Qatar. Après avoir été récemment blanchi à Genève par l’ONU au sujet des conditions de travail sur les chantiers qataris, l’émirat bataille sur le front de la corruption.

La justice suisse enquête toujours sur l’octroi de droits de retransmission des coupes du monde de football et elle a entendu en octobre le président qatari du PSG, Nasser al-Khelaïfi, également membre du comité d’organisation de la Coupe du monde 2022.

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