Surveillance

Quantum, le redoutable mouchard de la NSA

Depuis 2008, l’agence américaine de renseignement use d’un programme espion capable d’infiltrer à distance les ordinateurs non connectés à Internet. Parmi les cibles, les armées chinoise et russe, les institutions européennes et l’Arabie saoudite. Barack Obama annoncera vendredi des mesures visant à encadrer les agissements de l’agence

Nom de code: Quantum. Détrompez-vous, il ne s’agit pas de la célèbre série télévisée américaine diffusée dans les années 1990, mais du programme de l’agence américaine de renseignement (NSA) capable d’infiltrer les ordinateurs à distance même lorsque ceux-ci sont déconnectés d’Internet. Selon les informations révélées hier par le New York Times , la NSA use de Quantum depuis 2008 au moins. Le logiciel espion aurait infiltré près de 100 000 ordinateurs.

Par quelle magie l’agence américaine de renseignement s’insinue-t-elle dans les ordinateurs non connectés à Internet? Le mode opératoire de Quantum consiste à naviguer au cœur d’un canal caché d’ondes radio. Celles-ci transmettent alors des informations à partir de mini-cartes de circuits imprimés ou des clés USB. Malgré tout, le succès de l’opération requiert l’intervention physique d’un espion, ou du fabriquant, pour placer le matériel de surveillance par radiofréquence à l’insu des utilisateurs – des alliés comme des ennemis de Washington.

Parmi les cibles de Quantum, le New York Times cite le réseau des armées chinoise et russe, mais aussi celui de la police mexicaine et des cartels de narcotrafiquants, en passant par les institutions européennes chargées des échanges commerciaux. A cette liste s’ajoutent des partenaires de Washington dans la lutte contre le terrorisme et les cyberattaques comme l’Arabie saoudite, le Pakistan et l’Inde. Pour appuyer ses affirmations, le quotidien américain publie une carte du réseau Quantum.

Une porte-parole de la NSA citée par le New York Times souligne: «Les activités de la NSA sont centrées et spécifiquement déployées contre – et seulement contre – des cibles étrangères légitimes, en réponse à des demandes des services de renseignement.» Cependant, l’agence américaine se défend de tout espionnage économique. «Nous n’utilisons pas nos capacités de renseignement extérieur pour voler des secrets industriels de compagnies étrangères pour les entreprises américaines afin d’améliorer notre compétitivité internationale.»

Où s’arrêtera la NSA? Barack Obama annoncera vendredi des mesures visant à encadrer les agissements de l’agence. Le président américain détaillera ce qu’il a retenu parmi les propositions de comité ad hoc chargé de réfléchir aux réformes à adopter en matière de surveillance à la suite des révélations d’Edward Snowden.

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