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Une affiche montrant les différents candidats à la présidentielle française.
© ERIC GAILLARD

France

Quasi-disparition des «petits candidats» à la présidentielle

Depuis le fameux débat télévisé du 4 avril, les six candidats les moins biens placés peinent à créer la surprise

Que sont devenus Philippe Poutou, François Asselineau, Nathalie Arthaud, Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle et Jacques Cheminade? Depuis l'inédit débat TV opposant les onze candidats à la présidentielle française sur le plateau de BFM le 4 avril, les six «petits» ont de nouveau disparu du paysage.

Certes, l'équité du temps de parole médiatique imposé par la campagne officielle, entamée le lundi 10 avril, leur permet d'apparaitre régulièrement à la radio et à la télévision. Idem pour leurs affiches, présentes sur les panneaux devant les bureaux de vote. Tous devraient réapparaitre ce jeudi soir lors de l'émission spéciale que France 2 est parvenue à organiser cahin-caha, en lieu et place du troisième débat, très tôt refusé par Mélenchon et Macron. Mais quid d'une éventuelle surprise, capable de bouleverser le résultat, le 23 avril au soir? 

Une seule épine

Un seul candidat, pour l'heure, parait être une véritable épine pour l'un des favoris. Sans surprise, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan - dont l'espace politique se situe entre François Fillon et Marine le Pen - attire une petite partie des électeurs déçus par le candidat de la droite. Le 19 avril, l'enquête Ipsos Sopra-Steria du Monde lui accorde 4% des intentions de vote, alors que François Fillon (en hausse de deux points par rapport au baromètre précédent) plafonne à 19,5% et reste distancé par les deux «échappés» malgré leur baisse: Marine Le Pen à 22,5% (-2,5%) et Emmanuel Macron (-2%). Les deux autres «petits candidats» les mieux placés sont le trotskyste Philippe Poutou - toujours auréolé de sa confrontation télévisée avec Fillon et Le Pen sur les affaires et l'absence «d'immunité ouvrière» - avec 1,5% des voix. Et le partisan du «Frexit» François Asselineau, crédité de 1% des suffrages, juste devant le député centriste des Pyrénées Jean Lassalle.

La consolation, pour ces candidats, est la notoriété que leur procure cette présidentielle pour laquelle ils n'obtiendront le remboursement intégral des frais de campagne que s'ils dépassent 5% des suffrages. A Lyon mardi, près de 2000 personnes attendaient François Asselineau, qui cite comme preuve de son succès populaire la consultation du site de son parti upr.fr par plus de deux millions d'internautes. Ce candidat atypique, haut fonctionnaire et partisan d'une sortie immédiate de la France de l'UE sur le modèle du Brexit britannique, a eu son moment de gloire lorsqu'il a passé avec succès son «entretien d'embauche» sur RMC, face au journaliste Jean Jacques Bourdin. Un sondage immédiat sur internet lui a valu 54% de réponses positives, sans possibilité de contrôler les «clics». «Asselineau a un avantage: il fait très sérieux. Sa campagne aura au moins installé le mot Frexit dans le débat», juge un analyste. 

Le cas Poutou

A l'extrémité du spectre politique, la vedette est Philippe Poutou. L'employé des usines Ford de Bordeaux, déjà candidat en 2012 (1,15%) comme son alter ego trotskyste Nathalie Arthaud (0,56%), a fait l'objet d'un long reportage du New York Times. Son pourcentage d'intentions de vote a doublé en quinze jours. Il a tenu mercredi soir à Aubervilliers un grand meeting ponctué d'un concert. Avec pour objectif d'éviter d'être balayé par la vague Mélenchon, le grand candidat de la «France insoumise» qui est politiquement le plus proche. La présence de deux représentants de l'extrême gauche est une spécificité française. Le meilleur score jamais atteint est celui d'Arlette Laguillier qui, en 2002, avait obtenu 5,7%, après ses 5,3% de 1995. 

Lire également: Jean-Luc Mélenchon, Danton ou Robespierre

Le cas Dupont-Aignan, ancien du parti de droite UMP (devenu Les Républicains), est le plus délicat à appréhender. Le candidat de «Debout la France», qui avait obtenu moins de 1,8% des voix en 2012 (640 000 voix), dénonce le «vote utile» à droite. Or ses 4% sont aujourd'hui indispensables à François Fillon pour espérer se qualifier pour le second tour. «Fillon ne peut pas laisser ces électeurs lui échapper. Il doit grignoter un maximum, surtout chez les plus de 65 ans qui lui sont largement favorables», prédit le politologue d'Ipsos Brice Teinturier.

Lire aussi: François Fillon: «Liberté et ordre: voici ce que je propose aux Français de l'étranger»

Hier, Philippe Poutou a convié le groupe «les Motivés» à se produire en concert après son meeting. Les autres petits candidats auraient bien besoin de les entendre aussi. 

Dossier
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