Six corps - dont quatre dimanche - ont été retirés des eaux de l’Atlantique au cours du week-end et des «centaines d’objets» vont être repêchés afin de tenter d’expliquer la disparition mystérieuse du vol AF 447 Rio-Paris, il y a une semaine.

La petite armada internationale, déployée à quelque 1.100 km de la côte brésilienne, a commencé au cours des dernières vingt-quatre heures à récupérer les premiers débris de l’Airbus A330, après cinq jours de vaines recherches au milieu de l’océan.

Si la catastrophe était encore inexpliquée, des informations convergentes ont mis de plus en plus précisément en cause les systèmes de mesure de la vitesse des Airbus A330.

«Trois corps ont été repêchés ce matin», dont le sexe n’a pas été déterminé, et d’autres ont été repérés qui devaient être récupérés dans la journée, ont dit des porte-parole militaires, lors d’un point de presse à Recife.

«Il ne fait aucun doute que les débris repêchés proviennent de l’avion, ainsi que les corps», a également déclaré le porte-parole des forces aériennes, le lieutenant colonel Henry Munhoz.

Un autre corps a été récupéré par un bateau militaire français, le Ventôse, ce qui porte à six le nombre de corps retrouvés depuis samedi par les militaires brésiliens et français.

Le porte-parole brésilien a ajouté «que des centaines d’objets» avaient été repérés tels que des sièges avec la marque Air France et des masques à oxygène qui seront recupérés dans la journée. Mais il a souligné que «la priorité était au repêchage des corps».

Parmi les objets recupérés samedi figuraient un fauteuil d’avion bleu, une mallette contenant un billet d’Air France et un morceau d’aile.

Les cinq corps repêchés par le Brésil étaient à bord de la frégate «Constituiçao» en route vers l’archipel de Fernando de Noronha, à un peu plus de 800 km du lieu du crash de l’Airbus A330 où elle devait arriver lundi.

Huit experts de la police sont désormais à pied d’oeuvre sur l’île pour préparer le travail d’identification des corps.

De Fernando de Noronha, les corps seront ensuite transportés en avion à l’Institut medico-legal de Recife, où une morgue a été installée.

Au total, 14 avions, dont deux français (un Breguet atlantique et un Falcon 50), et six navires étaient mobilisés. Les cinq navires de la Marine brésilienne ont reçu le renfort de la frégate «Ventôse», en attendant le sous-marin nucléaire français Emeraude attendu mercredi sur la zone, selon les autorités françaises.

Si les recherches sur le terrain progressaient, l’enquête menée par les experts français semblait elle aussi avancer.

A Paris, le secrétaire d’Etat français des Transports Dominique Bussereau a réitéré que «pour l’instant, on ne peut vraiment privilégier aucune hypothèse».

Mais il a détaillé l’enchaînement de circonstances techniques ayant pu provoquer la catastrophe. Si les capteurs de vitesse gèlent au moment où l’avion traverse «une zone très humide, une zone très dépressionnaire, une zone de turbulences», ils n’indiquent plus la vitesse, a-t-il dit.

Cela peut provoquer «une sous-vitesse, qui peut entraîner un décrochage, ou une survitesse qui peut entraîner une déchirure de l’avion», a expliqué le secrétaire d’Etat.

Air France a fait savoir samedi qu’elle avait accéléré depuis le 27 avril son programme de remplacement de sondes anémométriques (Pitot) sur ses avions A330 et A340 et a révélé que, depuis mai 2008, «des incidents de pertes d’information anémométrique en vol en croisière» sur des A340 et des A330 avaient été constatés.

Selon l’hebdomadaire français Journal du Dimanche (JDD), de tels problèmes avaient été identifiés sur l’Airbus A330 dès 1996.

D’autre part, le Premier ministre françois François Fillon a nommé un ambassadeur chargé des relations avec les familles des victimes de l’Airbus en la personne de Pierre-Jean Vandoorne actuellement inspecteur général adjoint des affaires étrangères.