Quatre soldats espagnols au total portés disparus depuis que leur hélicoptère s’est écrasé vendredi matin en Haïti, sont décédés, a annoncé le porte-parole de la Mission de l’ONU de stabilisation en Haïti (MINUSTAH). L’appareil s’est écrasé près de la frontière dominicaine.

«Les quatre militaires espagnols sont morts», a déclaré à l’AFP ce porte-parole, George Ola-Davies. Les décès ont été confirmés dans un communiqué par le ministère de la Défense espagnol. A Madrid, une source gouvernementale a indiqué que la ministre de la Défense espagnole, Carme Chacon, se rendrait en Haïti samedi, accompagnée du général Jose Julio Rodriguez, afin d’y recueillir des informations de «première main» sur les circonstances du drame. Le consul général d’Espagne en Haïti, Juan Pedro Gomez, a dit ne pas connaître l’objet de la mission des quatre militaires décédés dans cette région montagneuse où 11 Casques bleus avaient perdu la vie en octobre dernier dans un accident d’avion.

Le décès des Espagnols, envoyés en Haïti après le séisme, a été constaté par les équipages de deux hélicoptères américains Blackhawk qui ont été dépêchés sur les lieux où l’appareil s’est écrasé, a précisé M. Ola-Davies. L’accident, qui a eu lieu à Fond Verrettes, à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Port-au-Prince, vers 10h30 (17h30 en Suisse), est pour le moment inexpliqué, a poursuivi M. Ola-Davies. Les dépouilles des soldats «sont en train d’être récupérées et seront rapidement rapatriées en Espagne», a dit M. Gomez.

Dès le signalement de la disparition de l’appareil espagnol, un hélicoptère chilien de la MINUSTAH avait été envoyé sur zone mais n’avait pas pu se poser, nécessitant l’aide des Blackhawk américains, avait indiqué plus tôt M. Ola Davies, parlant de «dégâts énormes». L’hélicoptère espagnol faisait partie d’un détachement d’environ 450 soldats envoyés en Haïti par Madrid, à bord du navire Castilla, après le séisme du 12 janvier, qui a fait au moins 220 000 tués et 1,3 million de sans-abri, a précisé le numéro 2 de l’ambassade d’Espagne. Ils ne font pas partie des forces de l’ONU déployées dans ce pays.

Trois autres appareils espagnols avaient quitté leur porte-hélicoptères qui mouille au large de Petit-Goâve (ouest de Port-au-Prince) pour participer aux recherches, a ajouté M. Ola-Davies.En octobre dernier, 11 Casques bleues ont perdu la vie dans l’écrasement de leur avion dans cette même région frontalière très difficile d’accès, bien que proche de la capitale haïtienne.L’appareil, un CASA 212 appartenant au contingent uruguayen de la MINUSTAH, transportait six soldats uruguayens et cinq militaires jordaniens, quand il a percuté le flanc d’une montagne. L’avion était en train de réaliser une mission de reconnaissance près de la frontière avec la République dominicaine quand il s’est écrasé.