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Sur les rives du fleuve Saint-Laurent, Donald Tusk, président du Conseil européen, Theresa May, Angela Merkel et Justin Trudeau n'ont pu se mettre d'accord avec Donald Trump.
© Neil Hall / Pool

Echanges commerciaux

Au Québec, la difficile recherche d'un compromis à sept. Ou à six

Les désaccords entre le président américain et ses interlocuteurs sur le nucléaire iranien et le climat demeurent importants. Une prise de position commune paraît néanmoins possible, mais peut-être sans Donald Trump

Le sommet du G7 s'achève samedi au Canada sur une note un peu plus apaisée, mais les divergences restent profondes, entre Donald Trump, en route pour son sommet historique avec Kim Jong Un, et ses partenaires. «Je pars du principe que nous (les Etats-Unis, la France, l'Allemagne, le Canada, le Royaume-Uni, l'Italie et le Japon, ndlr) auront un texte commun sur le commerce», l'un des sujets qui divise le plus, a fait savoir la chancelière allemande Angela Merkel.

Depuis le début du sommet vendredi à La Malbaie, petite ville du Québec (est du Canada), l'une des grandes inconnues est la capacité des Etats-Unis et de leurs alliés à aligner leur signature au bas d'un communiqué commun, après la décision de Washington de taxer les importations d'acier et d'aluminium.

Divergences sur l'environnement

A entendre Angela Merkel, ainsi qu'une source française, les pays riches s'acheminent vers une solution de compromis: un texte signé en partie à sept mains, avec certains passages soulignant des divergences de vue avec les Etats-Unis, notamment sur l'environnement.

Selon la délégation française, le texte pourrait reconnaître qu'un «cadre international basé sur des règles communes bénéficie à tous, plutôt qu'une démarche bilatérale qui ne crée pas ces situations gagnant-gagnant».

Mais la chancelière, qui s'inquiète d'une escalade de représailles commerciales finissant par toucher la puissante industrie automobile allemande, a immédiatement tenu à signaler que cette position commune sur le commerce «ne résout pas les problèmes dans le détail.»

Avant elle, le président américain Donald Trump avait vanté des «débats extrêmement productifs sur la nécessité d'avoir des échanges commerciaux justes», invitant même ses partenaires du G7 à réfléchir à la création d'une zone de libre-échange.

«S'ils répliquent, ce sera une erreur»

Cela ne l'a pas empêché dans le même temps de lancer un avertissement aux partenaires commerciaux tentés de répondre à ses taxes: «S'ils répliquent, ce sera une erreur», a-t-il dit, alors que l'Union européenne prépare des tarifs sur le bourbon ou les motos américaines. «Nous sommes la tirelire que le monde entier pille. Cela va cesser», a encore déploré le président, dans l'une de ses complaintes habituelles sur le déficit commercial américain.

Sur l'Iran, autre grande ligne de fracture depuis que les Etats-Unis ont claqué la porte de l'accord nucléaire iranien, Donald Trump a indiqué que "les Etats du G7 (restaient) décidées à contrôler les ambitions nucléaires" de Téhéran.

Réintégrer la Russie

Sur un tout autre sujet, le milliardaire de 71 ans a persisté et signé sur une proposition provocante faite à son arrivée au Canada vendredi: élargir à nouveau le G7 à la Russie, qui en avait été exclue en 2014 après l'annexion de la Crimée. Les Européens ont rejeté cette idée, tout en admettant l'idée d'un «dialogue» avec la Russie, réclamé par le tout nouveau chef du gouvernement populiste italien.

Le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov, dont les propos ont été diffusés à la télévision russe, a pour sa part déclaré que Moscou n'a "jamais demandé à revenir" dans le G8. Il considère de toute façon que le G20, forum élargi aux pays émergents, est «le format le plus prometteur».

Dans l'immédiat, la Russie est plutôt occupée à accorder ses violons avec la Chine et l'Iran: les chefs d'Etat des trois pays se rencontrent en Chine à l'occasion de la réunion annuelle de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

La priorité? Kim Jong-un

Quel que soit le document dont accouchera ce G7, le sommet a illustré la volonté de Donald Trump de dicter son ordre du jour, faisant fi des usages et du rythme d'un ordre mondial multilatéral - représenté à La Malbaie par le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres et par la patronne du FMI Christine Lagarde.

Le président américain est arrivé le dernier et reparti le premier du cossu Manoir Richelieu, surplombant le fleuve Saint-Laurent. Il a séché une réunion sur le climat, après être arrivé en retard à une session sur l'égalité entre les sexes. Donald Trump n'a jamais caché qu'il donnait la priorité à sa rencontre de mardi à Singapour avec M. Kim. «C'est une occasion unique» qui «ne se représentera jamais», a-t-il assuré samedi juste avant de s'envoler pour Singapour.

Lire aussi: Le Canada inaugure le G7-1

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