La division des pays africains a été fatale à une tradition. Le poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) revient à la Québécoise Michaëlle Jean. Les chefs d’Etat l’ont décidé dimanche lors de leur sommet à Dakar, avec un retard de plus de trois heures sur leur horaire, qui illustre la difficulté de la prise de décision. Michaëlle Jean succédera à Abdou Diouf en janvier 2015. L’ancien président sénégalais occupait cette fonction depuis 2002.

Une règle non dite de l’OIF attribuait le siège du secrétaire général à un ressortissant d’un pays africain, après concertation des nations concernées. Cela avait été le cas pour Boutros Boutros-Ghali, premier secrétaire de l’OIF sous sa forme actuelle, puis pour Abdou Diouf. Mais cette fois, les pays du Sud ne sont pas parvenus à trouver un candidat rassemblant tous les suffrages. Etaient notamment en lice l’ancien ministre mauricien, et secrétaire général de la Commission de l’océan Indien, Jean Claude de l’Estrac, ainsi que Pierre Buyoya, naguère président du Burundi. L’hypothèse d’une candidature de dernière minute – le nom de l’ancien président libanais Michel Sleiman a circulé jusqu’à samedi soir – a fait long feu.

«Une nouvelle impulsion»

Le principe de l’organisation veut que les Etats ne votent pas, mais se prononcent par unanimité. Le scrutin doit donc être préparé par entente commune. De toute évidence, l’absence d’accord au Sud a favorisé la candidate québécoise, qui partait avec quatre soutiens d’office: Québec, Nouveau-Brunswick, Canada et Haïti, où elle est née. Dans une déclaration dimanche, Michaëlle Jean a indiqué qu’elle veut «donner une nouvelle impulsion à la francophonie». Celle-ci doit «conjuguer l’accroissement des échanges et le développement humain et durable» ainsi que se mettre «au service et à l’écoute des jeunes et des femmes», les deux thèmes du sommet de Dakar.