L’essentiel

Ces jours sont marqués par la polémique autour du vaccin d’AstraZeneca/Oxford. L’autorité européenne des médicaments a commencé à examiner les plaintes, elle s’exprimera jeudi. 

La Suisse compte 1438 cas supplémentaires. A quelques jours des nouveaux arbitrages du Conseil fédéral, l’Office fédéral de la santé publique dépeint une situation «fragile».

Retrouvez notre suivi de la journée de lundi


■ Les dirigeants français et italien volent au secours d'AstraZeneca

Les déclarations préliminaires faites aujourd'hui par l'EMA sont encourageantes

ont affirmé le président français Emmanuel Macron et le président du Conseil italien Mario Draghi après les déclarations de l'Agence européenne des médicaments à propos du vaccin AstraZeneca (lire plus bas). L'instance donnera son verdict jeudi.


■ La France autorise les autotests

Les autotests sur prélèvement nasal peuvent désormais être utilisés en France par des personnes sans symptômes de plus de 15 ans, a indiqué la Haute autorité de Santé (HAS). Tout autotest antigénique positif devra ensuite faire l’objet d’une confirmation par test PCR, a-t-elle précisé.

Le prélèvement nasal que l’on fait pour l’autotest est moins profond (3-4 cm) et moins désagréable que le prélèvement nasopharyngé pour les tests RT-PCR classiques.

Des autotests sont déjà disponibles en Allemagne, Autriche, Pays-Bas et depuis quelques jours en Angleterre. Ils ne sont pas encore autorisés en Suisse, mais le Conseil fédéral a annoncé qu’il en fournirait gratuitement à toutes et tous dès qu’ils le seront.


■ Un point sur les vaccinations

De lundi à dimanche dernier, 149 949 doses de vaccin contre le Covid-19 ont été administrées en Suisse, selon les données de l’Office fédéral de la santé publique (lire les échos de son point de presse, plus bas).

  • En moyenne, 21 421 vaccinations ont été effectuées par jour.
  • Comparé à la semaine précédente, le rythme des injections s’est accéléré de 4%.
  • Au total, 1 101 753 vaccinations ont été réalisées jusqu’à dimanche.
  • Jusqu’ici, 394 926 personnes ont été vaccinées complètement.
  • Cela signifie que 4,6% de la population a déjà obtenu deux doses de vaccin.
  • 311 901 personnes n’ont reçu que la première piqûre.
  • Quelque 196 497 doses de vaccin ont été livrées aux cantons, mais n’ont pas encore été employées.
  • 62 775 doses sont stockées par la Confédération.

■ AstraZeneca: l’autorité de l’UE demande du temps

Emer Cooke dirige l’Agence européenne des médicaments. Elle vient de s’exprimer sur les effets secondaires du vaccin d’AstraZeneca: «Notre comité d’évaluation et de pharmacovigilance travaille sans relâche, mais nous devons attendre de réunir toutes les informations pour produire une réponse claire, validée par la science», a dit la directrice. Les conclusions de ce comité sont attendues pour jeudi.

«Une telle situation n’est pas inattendue quand on vaccine des millions de personnes. Il est inévitable d’avoir des incidents rares et des effets secondaires néfastes. Notre rôle est d’évaluer s’il s’agit d’une coïncidence ou non», a ajouté Emer Cooke, avant de rassurer: «Nous restons convaincus que les avantages apportés par ce vaccin dépassent de loin les risques.»


■ 1438 nouveaux cas

Peu avant son point de presse (lire ci-dessous), l’Office fédéral de la santé publique a dévoilé les chiffres du jour.

  • La Suisse compte 1438 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures;
  • 19 décès supplémentaires sont à déplorer;
  • 85 malades ont été hospitalisés;
  • Durant les dernières 24 heures, les résultats de 24 866 tests ont été transmis, indique l’OFSP;
  • Le taux de positivité s’élève à 5,78%;
  • Sur les quatorze derniers jours, le nombre total d’infections est de 16 141;
  • Sur les deux dernières semaines, le pays compte ainsi 186,71 nouvelles infections pour 100 000 habitants;
  • Le taux de reproduction, qui a un délai d’une dizaine de jours, est lui de 1,14.

■ Un point de situation

L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) tient son point de presse hebdomadaire. Alors que le Conseil fédéral annoncera vendredi ses nouveaux arbitrages – concernant les restaurants, par exemple –, les responsables de l’OFSP peignent un tableau plutôt sombre.

Patrick Mathys, chef de la section de crise, relève la forte hausse des variants dans les nouvelles contaminations en Suisse. Les variants représentent désormais 80% des infections dans le pays. La mutation repérée en Grande-Bretagne domine nettement, celle observée en Afrique du Sud se retrouve «relativement peu».

Une troisième vague? Le responsable se montre prudent en évoquant l’idée d’une troisième vague, mentionnée vendredi passé par Alain Berset. Il évoque les hausses marquées en Autriche et en Italie, il en déduit que «la situation demeure très fragile». Comme il l’a souvent fait dans ces points de presse, il indique que le nombre de nouveaux cas «pourrait doubler dans les prochaines semaines».

Relancé sur ce point, Patrick Mathys se refuse à parler d’une troisième aujourd’hui: «Ce n’est pas clair. On ne peut pas le dire à cette heure, mais on constate la hausse des cas, le poids croissant des variants et la contagiosité accrue des variants.»

Que dire au Conseil fédéral? Interrogé quant à la position du Conseil fédéral, qui annoncera ses arbitrages vendredi, Patrick Mathys répète, comme toujours, que son rôle n’est pas de susurrer à l’oreille du gouvernement. Mais il insiste à deux reprises: «La tendance n’est pas favorable à une ouverture générale. De manière générale, nous nous dirigeons dans une direction que nous n’aurions pas souhaitée.»

Tests: en trois piliers, comme la prévoyance. Cheffe adjointe de la section droit des produits thérapeutiques, Fosca Gattoni décrit une stratégie de tests en trois piliers. D’abord, le dépistage des personnes qui présente des symptômes – ce qui est le cas en ce moment.

Le deuxième pilier, «sur lequel nous voulons mettre l’accent ces prochains temps» est constitué par les dépistages de groupes, au travail, à l’école, etc. Cela permet «d’identifier des personnes porteuses du virus qui n’en sont pas conscientes».

Le troisième champ est constitué des tests individuels spontanés, dont le nombre pourra être accru grâce aux distributions gratuites.

Porter le masque pendant des années? La question est posée à Patrick Mathys, sur la base d’un article de la presse alémanique. Le responsable évoque «une quatrième, une cinquième vague» si des parties de la population non protégées sont affectées. Selon l’évolution des circonstances «et en fonction du nombre de personnes non protégées», «il est possible que le maintien du masque demeure une mesure valable».


■ 470 artistes vaudois vont recevoir une bourse du canton

Pour soutenir le monde culturel en difficultés, les autorités vaudoises ont décidé d’attribuer 470 bourses de 10 000 ou 20 000 francs à des artistes. Six millions de francs ont été débloqués à cet effet, soit le double du montant initialement prévu, en raison «du nombre et de la qualité des projets de recherche reçus ainsi que de l’aspect extraordinaire de la situation», indique le canton. Quelque 551 demandes ont été examinées, précise l’Etat de Vaud, «81 ont été écartées pour des raisons d’inéligibilité, d’insuffisances ou de non-pertinence du dossier».

Les bourses ont été attribuées dans plusieurs domaines différents: la musique (21,5% des récipiendaires), les arts plastiques (21,3%), les arts visuels (18,5%), le théâtre (16,6%), la danse (6,0%), la littérature (3,8%), ainsi que pour des projets pluridisciplinaires (12.3%).


■ Un instantané: l’annonce italienne de la suspension

En Italie, l’annonce de la suspension de l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca est placardée sur les murs. Ici, sur les façades du centre de vaccination du centre hébergé dans le complexe de congrès La Nuvola, à Rome, ce mardi.


■ La Chine exige un vaccin chinois

La Chine est sur le point d’alléger les restrictions d’entrée sur son territoire concernant les ressortissants de certains pays, dont les Etats-Unis. La condition, qui complique singulièrement les choses, est qu’il faut avoir reçu un vaccin chinois.

L’ambassade de Chine aux Etats-Unis a récemment annoncé dans un communiqué qu’elle allait commencer à traiter les demandes de visa des «candidats ayant reçu un vaccin chinois contre le Covid-19» Cette reprise de la procédure s’applique aux visas de travail, voyages d’affaires et «raisons humanitaires» telles que les familles séparées.

D’après le communiqué, la procédure concerne les candidats ayant reçu deux doses de vaccin ou bien une seule au moins 14 jours avant la demande de visa. Une quarantaine pouvant atteindre trois semaines restera toutefois obligatoire après leur arrivée sur le sol chinois.

Le hic est qu’aucun produit chinois n’est encore disponible sur le territoire américain, ni dans d’autres pays où la procédure est offerte, comme l’Inde ou l’Italie.


■ AstraZeneca va fournir 700 000 doses d’anticorps

Le groupe pharmaceutique suédo-britannique AstraZeneca annonce un accord avec les Etats-Unis pour fournir au pays cette année jusqu’à 700 000 doses d’un traitement par anticorps en cours de développement contre le Covid-19, relate l’agence AFP.

L’accord avec le Département de la santé et celui de la défense aux Etats-Unis prévoit de fournir 500 000 doses supplémentaires de ce médicament à anticorps (dont le nom de code est AZD7442), qui est en phase finale de développement et doit permettre de prévenir et traiter la maladie.

L’annonce survient alors que la firme est mise en cause pour son vaccin dans plusieurs pays, en particulier européens.


■ Un test pour identifier les variants

Roche annonce ce mardi matin le lancement d’un nouveau test de diagnostic, conçu pour détecter les variations du coronavirus à des fins de recherche. Ce nouveau test, destiné à la recherche en laboratoire, doit aider les scientifiques à surveiller les mutations du virus, leur prévalence et impact potentiel sur le diagnostic des infections, les vaccins et thérapies, indique le groupe bâlois dans un communiqué.

Appelé Cobas®SARS-CoV-2 Variant Set 1, ce test permet de détecter et différencier les différentes mutations observées dans les variants britannique, sud-africain et brésilien.

«La surveillance continue est essentielle pour la santé publique», souligne Thomas Schinecker, le directeur de la division Diagnostics de Roche.


■ Une sportive japonaise refuse de porter la flamme olympique

La footballeuse Nahomi Kawasumi, qui faisait partie de l’équipe du Japon championne du monde en 2011, a confirmé qu’elle ne participerait pas au relais de la flamme olympique des Jeux de Tokyo reprogrammés pour cet été en raison de la pandémie.

«Le problème des infections n’a toujours pas été résolu, et il y a aussi le fait que je vis aux Etats-Unis, donc j’ai pris cette décision», a-t-elle justifié lundi sur son compte Twitter (en japonais).

Agée de 35 ans, Nahomi Kawasumi, qui évolue au sein du club Sky Blue FC de la ligue de football féminin aux Etats-Unis, avait déjà renoncé au relais de la flamme olympique au Japon l’an dernier, peu avant le report des JO de Tokyo.