Le jeune parti d'Emmanuel Macron a porté à sa tête samedi Christophe Castaner, comptant sur ce proche du président pour lui donner un nouvel élan alors qu'il est parfois critiqué pour son absence du paysage politique et son manque de démocratie interne.

Seul en course et plébiscité par cadres et militants moins deux abstentions, Christophe Castaner, issu d Parti socialiste, a été élu sans suspense pour trois ans au poste de «délégué général» par le Conseil national, c'est à dire le parlement de La République en marche (LREM).

«Je suis fier et très honoré d'avoir été élu (...) Je me mettrai au service de notre mouvement et porterai la voix de tous nos adhérents», a-t-il tweeté.

Lancé en avril 2016, le mouvement qui a porté Emmanuel Macron à la présidence promettait de faire de la politique autrement, en s'appuyant sur ses quelque 380 000 adhérents.

Six mois après l'élection présidentielle, certains militants ne cachent plus leur déception. Une centaine d'entre eux ont claqué la porte cette semaine, dénonçant dans une tribune de presse «opacité des instances» d'un parti «sans ligne politique».

Ce manque de considération de la base, «on l'a observé dès les mois de mai-juin avec les désignations aux législatives, sans aucune consultation des adhérents. Ce sont des pratiques qui ressemblent à de la politique à l'ancienne», a déploré l'un des signataires, Emmanuel Drouin, élu local dans le centre de la France.

«Je refuse ce faux procès sur un manque de démocratie», a rétorqué le secrétaire d'État Julien Denormandie, jugeant, lui, «très démocratiques» les statuts du jeune parti. «Le conseil national d'En marche est représenté à 25% directement par ses adhérents (tirés au sort, NDLR). Donnez-moi un autre parti politique où une telle représentation (...) est présente», a-t-il plaidé.

Un «marcheur» de la première heure

Ces accusations viennent s'ajouter aux critiques suscitées par l'adoubement par le président Macron de Christophe Castaner, un «marcheur» de la première heure, actuellement porte-parole du gouvernement et secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement.

Quinquagénaire volubile et chaleureux, Christophe Castaner, un ancien socialiste, relève que son nom a fini par émerger comme «une évidence» au sein de ce parti encore neuf et dépourvu de leaders, mais affirme ne pas avoir «rêvé» du poste.

Ses nouvelles fonctions, non rémunérées, vont l'obliger à abandonner au moins le porte-parolat et certains, y compris dans son camp, poussent pour un départ du gouvernement en jugeant sa casquette de chef de parti incompatible avec un poste ministériel.

Quoiqu'il arrive, son élection entraînera un remaniement du gouvernement en début de semaine prochaine qui devrait toutefois rester d'ampleur limitée. Christophe Castaner veut se consacrer, lui, à «remettre le mouvement en mouvement». Il devra aussi apaiser les quelques remous en interne liés à l'élection des 20 membres de son bureau exécutif qui ont cristallisé certaines critiques sur l'absence supposée de démocratie interne.