Le premier ministre italien Giuseppe Conte a présenté sa démission au chef de l'Etat Sergio Mattarella. Des consultations avec les partis auront lieu dès mercredi en vue de la formation d'un nouveau gouvernement, ont rapporté les agences italiennes.

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En pleine pandémie du coronavirus qui a mis l'économie du pays à terre et fait plus de 85 000 morts, Giueseppe Conte était privé de majorité parlementaire après la défection du petit parti de l'ancien premier ministre Matteo Renzi.

La semaine dernière, le gouvernement avait réussi de justesse à remporter un vote de confiance au parlement, mais le répit aura été de courte durée: un autre vote prévu cette semaine était quasiment perdu d'avance.

Incapable de rallier des parlementaires indépendants ou dissidents

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Pour pouvoir rester au pouvoir et éviter la démission, Giuseppe Conte a dû se présenter devant le parlement la semaine dernière pour un vote de confiance des deux chambres. Facile à la chambre basse, le vote au Sénat a été remporté de justesse, avec seulement une majorité relative après le retrait des sénateurs d'IV.

Giuseppe Conte menait depuis des tractations tendues en coulisses dans l'espoir de s'assurer le ralliement de parlementaires indépendants ou dissidents qui lui auraient éventuellement permis de rester aux commandes en remaniant son équipe. Sans succès.

Dos au mur, Giuseppe Conte n'avait plus d'autre choix que de remettre son mandat en jeu – en espérant néanmoins conserver la confiance du président. D'autant que son ministre de la Justice doit présenter cette semaine au Sénat une réforme quasiment assurée d'être retoquée, un revers qui aurait mis son gouvernement en minorité et l'aurait de toute façon contraint à se démettre.

Le soutien du PD et du M5S

«Le calcul de Conte, c'est qu'en prenant les devants, et donc en évitant une défaite humiliante au Sénat, il augmentera ses chances d'obtenir de Mattarella un mandat pour former un nouveau gouvernement», analysait mardi soir dans une note Wolfango Piccoli du cabinet d'études Teneo.

Le secrétaire général du PD, Nicola Zingaretti, a fait savoir lundi soir après l'annonce de Giuseppe Conte que ses troupes soutiennent la formation d'un nouveau gouvernement avec le premier ministre sortant. «Avec Conte pour un nouveau gouvernement clairement pro-européen soutenu par une large base parlementaire, qui garantisse crédibilité et stabilité pour affronter les grands défis de l'Italie», a-t-il écrit sur son compte Twitter.

«Le pays traverse l'un des pires moments de son histoire à cause de la pandémie et se retrouve dans une crise gouvernementale absurde», a tweeté le ministre des Affaires étrangères Luigi Di Maio (M5S). «Nous devons tous nous rassembler autour de Giuseppe Conte», a-t-il affirmé.

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S'il obtenait un mandat de la présidence pour essayer de recomposer un gouvernement, Giuseppe Conte devrait chercher à élargir sa majorité. «Il est encore trop tôt pour dire s'il réussira», a prévenu Wolfgango Piccoli, soulignant que s'il échouait, le M5S et le PD pourraient «lâcher Conte et chercher un autre candidat».

L'ancien avocat, qui n'a jamais brigué de mandat électif, pourrait paradoxalement bénéficier des sondages. Aucun parti du centre et de gauche n'a en effet intérêt à précipiter des élections législatives anticipées dont les enquêtes d'opinion indiquent qu'elles permettraient à la droite de Silvio Berlusconi (Forza Italia), associée à l'extrême droite (Lega et Fratelli d'Italia), de l'emporter.