Le général de brigade Rafi Peretz a envoyé aux officiers une note qualifiant d’«immoraux» une série d’actes discriminatoires récents, selon des stations radios et sites internet d’information.

Il a cité en exemple les insultes proférées à l’encontre d’une soldate qui avait refusé de s’assoir à l’arrière d’un bus, comme le lui demandait un ultra-orthodoxe, ou les tentatives de séparer hommes et femmes dans la rue.

«Ces derniers temps, il y a un phénomène grave de discrimination envers les femmes, à la fois à l’extérieur de l’armée et à l’intérieur», a estimé Rafi Peretz, selon des propos rapportés par la radio publique.

«Je travaille à m’assurer que les idées radicales, et fausses, qui ont inspiré les événements de Beit Shemesh ne pénètrent pas dans l’armée», a-t-il écrit selon le site internet Y-net.

Beit Shemesh, à la périphérie de Jérusalem, est peuplée essentiellement de Juifs religieux, parmi lesquels une communauté ultra-orthodoxe importante et en pleine expansion. Cette ville a été ces derniers jours le théâtre de heurts impliquant des intégristes juifs qui réclament une séparation stricte entre hommes et femmes.

Jeudi soir, «plusieurs centaines» de ces intégristes ont brûlé des poubelles et lancé des pierres sur les policiers chargés de les disperser, a indiqué un porte-parole de la police, Micky Rosenfeld, vendredi matin.

Il a précisé que trois manifestants avaient été arrêtés et que la situation revenait la normale dans la ville où ont été déployés des renforts policiers.

Au sein même de l’armée, il est arrivé lors de célébrations que des soldats pratiquants quittent les lieux car des soldates chantaient, ou que des spectatrices soient parquées dans un lieu réservé aux femmes.

Jeudi, un Juif orthodoxe de 44 ans soupçonné d’avoir traité de «putain» une jeune soldate dans un bus car elle avait refusé de s’assoir sur les banquettes arrières -- où les femmes se regroupent sur les lignes fréquentées par les religieux -- a été inculpé pour harcèlement par un tribunal de Jérusalem.

Selon la radio publique israélienne, le conseiller juridique du gouvernement Yéhouda Weinstein a constitué jeudi une équipe qui doit présenter des recommandations pour juguler le phénomène.