La radicalisation du régime iranien face aux manifestants qui défient le pouvoir depuis plus de deux mois après la mort de la jeune Kurde iranienne Mahsa Amini apparaît comme un signe de grande fébrilité: près de 15 000 arrestations, des brutalités envers les protestataires les plus jeunes, des conditions de détention catastrophiques. Pour noircir encore le tableau, 227 élus sur 290 du Majlis (parlement iranien) ont demandé au pouvoir judiciaire d’imposer des «sanctions exemplaires» aux manifestants qui «mènent une guerre» contre le régime. Cet épisode parlementaire a été à l’origine de folles rumeurs, démenties plus tard, selon lesquelles les 15 000 personnes en détention, pour avoir participé aux manifestations, étaient de fait condamnées à mort.