En plus de Ratko Mladic, six inculpés échappent toujours à la justice internationale. Le plus connu d'entre eux est assurément Radovan Karadzic, l'ancien président de la République serbe sécessionniste de Bosnie durant la guerre (1992-1995). Inculpé en même temps que Mladic, Karadzic a d'abord mené une vie paisible dans la bourgade de Pale, au-dessus de Sarajevo, avant d'être contraint à passer à la clandestinité à la fin des années 1990.

Tandis que Mladic réside principalement en Serbie et bénéficie de la protection de l'armée, Radovan Karadzic séjournerait surtout dans les zones serbes de Bosnie orientale, ou peut-être au Monténégro voisin, son pays natal. Cependant, des passages de Radovan Karadzic sont encore attestés en Bosnie au moins jusqu'au début de l'année 2003.

Le fugitif jouit de la protection de l'Eglise orthodoxe serbe, qui lui aurait longtemps ouvert les portes de ses monastères, notamment de celui d'Ostrog, près de Niksic, au Monténégro. Cependant, en août 2004, le métropolite Amfilohije du Monténégro, homme fort de l'Eglise serbe, a appelé Karadzic à se rendre. La femme du fugitif a lancé un appel similaire. Radovan Karadzic disposerait d'un solide réseau de protection, du soutien de la population locale, et serait très mobile, ce qui explique sa longue cavale. Toutes les opérations de l'OTAN lancées pour l'arrêter ont échoué.