Moins d'une semaine après le Forum social de Florence, la police italienne a procédé vendredi à une vague d'interpellations dans le mouvement anti-globalisation. Soupçonnés entre autres «d'association subversive» et de «conspiration politique», le leader des «désobéissants» de Campanie, Francesco Caruso, ainsi que douze autres militants ont été incarcérés, certains au pénitencier de haute sécurité de Trani où sont reclus de vieux terroristes des brigades rouges.

Vingt-neuf autres personnes sont également poursuivies par le Parquet de Cosenza. Accusés pour certains d'avoir été en contact avec le black bloc et avec d'anciens activistes d'extrême-gauche dont le leader de Potere Operaio Oreste Scalzone, ils seraient aussi suspectés d'avoir participé aux violences lors du sommet de Naples en mars 2001 et du G8 de Gênes, quelques mois plus tard. Le «réseau du sud rebelle» visait «à perturber l'exercice des fonctions de gouvernement, à mener de la propagande subversive et à subvertir par la violence l'ordre économique constitué de l'Etat», indique le document d'accusation. Unanimement, la gauche italienne a exprimé «sa stupeur», les communistes et les Verts parlant même d'une volonté de «criminaliser» le mouvement anti-globalisation après le succès du rendez-vous de Florence. Dès hier, des manifestations de soutien ont eu lieu à Bologne, Rome ou Naples. Les anti-globalisation ont convoqué pour aujourd'hui des rassemblements sur tout le territoire et appelé à la mobilisation de tous les militants.