La rage

d’un théâtre de rébellion

Tilmann Köhler, metteur en scène

«Le metteur en scène ne doit pas d’emblée se considérer comme plus intelligent que l’auteur, et les comédiens ne doivent pas forcément se croire plus subtils que leur personnage», explique le régisseur de théâtre Tilmann Köhler, tout juste 30 ans. Ce respect et cette mise en valeur du texte, qui n’empêchent pas l’ironie et le regard critique sur une pièce, expliquent en partie le succès considérable des mises en scène de Tilmann Köhler. Né à Weimar, ville de pèlerinage culturel qui héberge les tombes des poètes Goethe et Schiller, cet Allemand de l’Est défend un «théâtre de rébellion» contre les metteurs en scène installés. Un théâtre sans effets esthétiques ni grandes proclamations, fait de gestes, d’expression des corps et de rage. La critique allemande est unanime: Köhler est l’un des metteurs en scène les plus doués de sa génération. A peine était-il sorti de l’école d’arts dramatiques que le Suisse Stefan Märki, directeur du Théâtre national de Weimar, l’engageait pour trois ans comme metteur en scène invité. Et il programmait son travail intégral de fin d’études, une mise en scène d’une pièce difficile, le Penthésilée du poète romantique Heinrich von Kleist. Tilmann Köhler s’est aussi attaqué au Faust I de Goethe. Mais c’est à Berlin qu’il a soufflé tout le monde avec Krankheit der Jugend, de Ferdinand Bruckner, mais aussi avec, au Théâtre Gorki, la première d’une pièce au vitriol de Thomas Freyer, Les séparatistes.