Après des mois de crise, la droite berlusconienne lâche du lest sur la télévision publique. En remplacement des cinq membres du conseil d'administration de la RAI démissionnaires moins d'un an après leur désignation, les présidents de la Chambre des députés, Pierferdinando Casini, et du Sénat, Marcello Pera, ont nommé vendredi cinq intellectuels de renom. Bien qu'appartenant à la majorité, ils n'ont retenu aucune des personnalités pressenties par Silvio Berlusconi, préférant opter pour une solution de compromis. Le fauteuil de président de la RAI a été offert au journaliste et historien Paolo Mieli, actuellement directeur du groupe éditorial RCS et ancien directeur de La Stampa. Son nom avait été avancé par l'opposition. La majorité peut toutefois se consoler avec la désignation des quatre autres conseillers, proches de la coalition gouvernementale.

Samedi matin, le quotidien Il Foglio dirigé par l'ancien porte-parole de Berlusconi Giuliano Ferrara titrait «RAI, une belle surprise», tandis que le secrétaire des Démocrates de gauche Piero Fassino criait victoire: «Nous avons empêché que soit élu un conseil choisi par Berlusconi. Même si leur orientation politique est éloignée de la nôtre, les quatre autres conseillers ont un profil culturel significatif.»

Reste qu'au-delà de cette unanimité, la crise de la RAI, dont l'audience ne cesse de chuter, n'est pas encore dénouée. Paolo Mieli n'a en effet accepté la présidence du conseil d'administration «qu'avec réserve». Il souhaite pouvoir choisir le directeur général de la RAI qui est, au quotidien, le véritable patron de la télévision publique. Or, la droite ne cache pas qu'elle compte bien imposer son candidat. Surtout, Paolo Mieli a annoncé son intention de réintégrer à la RAI deux «bêtes noires» de la majorité: Enzo Biagi et Michele Santoro. Ouvertement anti-berlusconiens, ces deux journalistes vedettes avaient été mis au placard par le conseil d'administration sortant.