Douze morts palestiniens et 64 autres blessés au cours d'une incursion menée samedi soir par l'armée israélienne dans la bande de Gaza. Appuyés par des chars, par des chasseurs-bombardiers F16 et par des hélicoptères de combat, les commandos de l'Etat hébreu ont pénétré jusqu'au cœur de Gaza-City où ils ont détruit des bâtiments soupçonnés d'abriter des fabriques clandestines de «Kassam», une roquette artisanale développée par le Hamas. C'est d'ailleurs pour riposter au tir de sept de ces engins sur la ville israélienne de Sderot, située à six kilomètres de la bande de Gaza, que Tsahal a d'abord isolé le village palestinien de Beït Hanoun (où sept batteries de roquettes ont été découvertes) avant de poursuivre sa percée.

Trois jours avant les élections israéliennes du 28 janvier, cette offensive tombe à point pour renforcer l'image d'Ariel Sharon dont la «mollesse» est dénoncée par les petites formations d'extrême droite ainsi que par le Yecha, le lobby des colons. De son côté, le ministre de la Défense Chaoul Mofhaz a en tout cas confirmé que les opérations militaires se poursuivront dans les prochains jours – quatre roquettes «Kassam» sont de nouveaux tombées hier sur Sderot ainsi que sur le kibboutz Nir Am) et que la reconquête totale de la bande de Gaza est à l'étude.

Alors que les services de sécurité de l'Etat hébreu sont placés en état d'alerte maximale pour empêcher d'éventuels attentats-suicides durant les opérations électorales de mardi, Mofhaz a annoncé par ailleurs que les territoires palestiniens seraient entièrement bouclés jusqu'au soir du scrutin.