Une cinquantaine de personnes, dont des activistes islamistes, ont été tuées mardi au cours d'une opération aérienne de l'armée américaine dans l'ouest de l'Irak, près de la frontière syrienne. Le chef d'un réseau local d'Al-Qaida figurerait parmi les victimes.

Trois raids ont visé en deux heures cette zone de la province rebelle sunnite d'Al-Anbar, située dans la vallée de l'Euphrate, à 450 km à l'ouest de Bagdad, a indiqué l'armée américaine. Dans le premier raid, quatre bombes ont visé un repaire présumé du réseau terroriste près de la localité de Karabila. Deux autres bombes ont visé une maison dans la même localité où se cacherait le chef terroriste présumé, dénommé Abou Islam – un nom de guerre fréquemment utilisé par les activistes islamistes. Les deux dernières bombes ont été dirigées sur une autre cible dans la localité de Hasbaya, à 6 km de Karabila, où des hommes d'Abou Islam avaient cherché refuge, selon un porte-parole militaire.

«Précautions» américaines

«Il y a peu de dégâts dans les bâtiments environnants», relève le communiqué de l'armée américaine, affirmant que la Force multinationale a l'habitude de «prendre des précautions pour prévenir les pertes civiles». Un responsable de l'hôpital de Kaïm, à la frontière syrienne, a toutefois indiqué qu'au moins 47 personnes avaient été tuées dans cette opération. Une source sécuritaire irakienne a de son côté fait état de 56 morts, sans préciser si ces victimes étaient des civils ou des hommes armés. Selon elle, «quatre maisons ont été totalement détruites dans ces raids massifs».

La ville de Kaïm est située dans la vallée de l'Euphrate, que les forces américaines considèrent comme une voie d'accès privilégiée des insurgés venus de Syrie. Les Marines ont lancé plusieurs opérations d'envergure ces derniers mois dans la région. Selon des responsables locaux, les insurgés restent toutefois opérationnels dans plusieurs villes de la vallée.

Treize personnes, dont sept membres des forces de l'ordre, ont par ailleurs été tuées mardi dans des attaques d'insurgés à Bagdad et au nord de la capitale. Un soldat américain a également perdu la vie lundi, lorsque son hélicoptère a été touché par des tirs de la rébellion près de Tall Afar, dans le nord du pays.

Ces nouvelles violences surviennent après la fin de la rédaction du projet de Constitution et au moment où des sunnites s'emploient à forger un front, y compris avec les chiites opposés au fédéralisme, pour un non à ce texte lors du référendum prévu le 15 octobre.