Dix-neuf Palestiniens ont été plus ou moins gravement blessés au cours d'un nouveau raid lancé par Tsahal mercredi matin en plein centre de Ramallah. Cette fois, les soldats israéliens accompagnés d'agents du Shabak (la Sûreté générale) ont investi 13 établissements bancaires palestiniens qu'ils ont fouillés de fond en comble. Selon le porte-parole de Tsahal, cette opération est une première. Elle visait à récolter des informations relatives au financement éventuel du Hamas et du Djihad islamique par le Hezbollah ainsi que par des organisations humanitaires islamiques basées en Europe.

Coïncidence? Ce raid a été lancé au moment où le Fatah (le parti de Yasser Arafat) réunissait les cent membres de son Comité révolutionnaire à Ramallah. Ceux-ci ne s'étaient plus officiellement rencontrés depuis le déclenchement de l'Intifada. Mais le mois passé, relayés par la plupart des médias palestiniens, 347 cadres de l'organisation avaient démissionné pour dénoncer le fait que ses instances «ne fonctionnent plus». C'est pour répondre à cette critique qu'Arafat a convoqué les dirigeants de son mouvement.

Ceux-ci se penchent sur la modernisation des structures du mouvement et ils tentent de définir une ligne à l'égard des «mesures unilatérales» qu'Ariel Sharon menace d'appliquer d'ici à la fin de l'année. Cependant, en coulisse, leurs discussions tournent autour des Brigades des martyrs al-Aqsa. En effet, au début de l'Intifada, ces groupes clandestins créés par Marwan Barghouti étaient considérés comme le fer de lance du Fatah contre l'Etat hébreu. Cependant, décimées par les «liquidations» israéliennes, ces milices se sont progressivement transformées en de petits groupes opérant de manière indépendante et sans aucune coordination. Ce qui explique, par exemple, que l'une de leurs cellules ait organisé un attentat-suicide à Jérusalem la veille de l'ouverture des audiences de la Cour internationale de justice alors que l'Autorité palestinienne exigeait précisément le calme sur le terrain à ce moment-là.

Les Brigades des martyrs al-Aqsa sont d'autant plus gênantes pour Arafat qu'elles le critiquent ouvertement et qu'elles n'hésitent plus à faire le coup de feu contre ses fidèles. Lundi soir, à Gaza-City, elles ont d'ailleurs attaqué une caserne de la «Force 17» (la garde prétorienne du président palestinien) afin de libérer un de leurs sympathisants. Le Fatah voudrait donc en finir avec elles, mais il hésite encore à employer la manière forte.