Ce serait selon la presse américaine le scénario privilégié par Washington pour résoudre la crise égyptienne: Hosni Moubarak pourrait prochainement passer quelque temps dans une luxueuse clinique allemande, afin de quitter la scène sans perdre la face. Le gouvernement allemand aurait donné son accord de principe. En République fédérale, l’hypothèse d’un séjour du président égyptien est plutôt bien acceptée.

Hosni Moubarak connaît bien l’Allemagne. Le raïs, âgé de 82 ans, a effectué au cours des dernières années plusieurs séjours dans le Bade-Wurtemberg. En 1997, 1998 et 2001, le président avait séjourné à l’hôtel Brenner’s Park de Baden-Baden, une cité réputée pour sa station thermale et son hôtellerie de luxe. Hosni Moubarak s’était de nouveau rendu en Allemagne au printemps dernier où il a été opéré de la vésicule biliaire et de polypes intestinaux à l’Hôpital universitaire de Heidelberg. Le réputé département d’oncologie de l’établissement avait alors démenti de persistantes rumeurs d’un cancer du chef de l’Etat égyptien.

Cette fois, le nom de la clinique Bühlerhöhe, de Bühl, près de Baden-Baden, est évoqué par la presse allemande. Cette clinique privée, située à 800 mètres d’altitude, se présente comme une «oasis de paix» et vante sur son site internet «la qualité» de ses services médicaux.

Des soins oui, un exil non

Tant du côté de l’établissement concerné que du côté du gouvernement allemand, on se refuse pour l’heure à tout commentaire. Mises à part quelques vives critiques, l’hypothèse d’un séjour aux allures d’exil de Moubarak en Allemagne est plutôt bien perçue par la classe politique. «Si ça peut aider à débloquer la crise égyptienne, pourquoi pas», estime le député européen (SPD) Martin Schulz. «Un séjour pour des raisons de santé, d’accord. Mais un exil en Allemagne serait problématique», pense pour sa part le libéral Rainer Stinner. A condition de faire la lumière sur les milliards de dollars que le raïs pourrait avoir amassés dans les banques allemandes. «L’Allemagne ne peut être un lieu de fuite pour les despotes en faillite», tempèrent les Verts. Une association de protection des droits de l’homme évoque même la possibilité d’une plainte en justice, si Moubarak posait les pieds en République fédérale.