15h00. François Hollande et Vladimir Poutine ont tenté de rapprocher leurs points de vue sur la transition politique en Syrie lors de leur entretien de vendredi à l'Elysée, a fait savoir la présidence française. Elle n'a pas précisé s'ils y étaient parvenus.

Les présidents français et russe se sont parlé pendant plus d'une heure avant un sommet quadripartite sur l'Ukraine, dans un contexte marqué par l'offensive militaire russe lancée cette semaine en Syrie.

L'Elysée rapporte que les deux hommes ont eu des "échanges approfondis sur la base des trois conditions" posées par la France pour envisager une coopération franco-russe sur le théâtre syrien : frapper Daech et non d'autres objectifs, assurer la sécurité des civils et mettre en oeuvre une transition politique claire qui suppose le départ du président syrien Bachar al Assad, soutenu par Moscou.
 

13h30. Le message de Bruxelles. Les frappes aériennes en Syrie doivent viser les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) et être coordonnées pour éviter de faire des victimes parmi les civils, a insisté vendredi l'Union européenne.

La Russie est entrée mercredi dans le conflit syrien, affirmant mener des bombardements contre l'EI mais aussi "les autres groupes terroristes" qui s'opposent au régime du président Bachar al-Assad, dont Moscou est l'allié.

L'opposition syrienne et Washington avaient mis en doute mercredi les cibles des frappes russes, laissant entendre qu'elles avaient pour but principal de renforcer le régime syrien et non de combattre l'EI.

"Nous sommes très préoccupés par des informations concernant des frappes aériennes qui ont touché des civils à Homs, nous appelons la Russie à frapper avec précision", a affirmé Catherine Ray, une porte-parole des services diplomatiques de l'UE. "Nous disons qu'aucune frappe ne doit toucher les civils au sol et doit viser Daech", a-t-elle affirmé, utilisant l'acronyme arabe de l'organisation extrémiste. 

12h15. Vladimir Poutine est arrivé à l'Elysée. Le président russe participe à un sommet sur l'Ukraine cet après-midi mais devra d'abord donner des explications sur les bombardements russes en Syrie depuis mercredi, qui vont "aggraver la situation" selon des propos rapportés de membres de la coalition internationale.

"Ces opérations militaires constituent une nouvelle escalade et ne feront que nourrir l'extrémisme et la radicalisation", ont ajouté sept pays de la coalition, dont la Turquie, l'Arabie saoudite et les Etats-Unis, dans un communiqué publié sur le site internet du ministère turc des Affaires étrangères.

11h40. L'armée russe a annoncé vendredi avoir frappé pour la première fois Raqa, le fief du groupe État islamique, lors de bombardements qui ont également visés les provinces d'Alep et d'Idleb.

Selon le ministère russe de la Défense, des bombardiers tactiques Soukhoï-34 ont frappé notamment un "poste de commandement qui était camouflé à Kasrat Faraj, au sud-ouest de Raqa".

 

10h00. La campagne de frappes aériennes russes va durer "trois à quatre mois" et s'intensifier, a déclaré vendredi le président de la Commission des Affaires étrangères de la Douma (chambre basse du Parlement russe), Alexeï Pouchkov, sur la radio française Europe 1

Les premiers bombardements de l'aviation russe mercredi, visant officiellement le groupe jihadiste Etat islamique (EI), ont été accueillis avec scepticisme par Washington et ses alliés, qui soupçonnent la Russie de s'en prendre aux opposants de son allié Bachar al-Assad sous couvert de lutte contre le "terrorisme".

Vladimir Poutine est à Paris, où il doit rencontrer le président Hollande à partir de 12H00, heure suisse, avant un sommet sur la paix en Ukraine auquel participeront le président ukrainien Petro Porochenko et la chancelière allemande Angela Merkel.

Occidentaux et Russes divergent sur les cibles choisies par Moscou en Syrie. D'après la Défense russe, le groupe Etat islamique a été visé par trois séries de frappes dans la zone d'Idleb (nord-ouest) à Hama et Homs (centre). Les objectifs: des dépôts d'armes, un camp d'entraînement et des postes de commandement.

Mais selon les Américains, les Européens et des rebelles syriens, l'action russe se concentre sur des groupes d'opposants armés qui menacent le régime de Damas, et pas exclusivement sur l'EI (Daech, selon son acronyme arabe). "C'est Daech qu'il faut viser et pas d'autres", a réclamé jeudi soir le président Hollande.

Le sort du président syrien divise. Le président français est opposé à son homologue russe sur le sort à réserver au président Bachar al-Assad. Paris l'accuse d'être le principal responsable du chaos en Syrie et veut le voir partir au plus vite, Moscou qui le soutient juge au contraire qu'il faut l'aider à lutter contre l'EI.

La Russie, ne voyant aucune preuve, dénonce enfin l'argument légal de "légitime défense" avancé par la France pour justifier ses frappes en Syrie.

Déclenché en mars 2011, le conflit syrien, déjà très complexe, a pris un tournant avec l'implication des Russes. Une coalition d'une cinquantaine de pays pilotée par les Etats-Unis, et à laquelle la Russie ne participe pas, a effectué depuis un an des milliers de frappes contre l'EI en Syrie et en Irak

Le colonel Steve Warren, porte-parole de l'armée américaine à Bagdad, s'exprime à propos des frappes russes en Syrie:

Sergueï Lavrov dément

Selon des analystes, Moscou essaye avant tout de diminuer la pression rebelle sur les territoires tenus par le régime dans l'ouest et le centre du pays, alors qu'il a perdu deux-tiers du pays. Battant les critiques, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a réaffirmé que les frappes russes visaient «l'EI, Al-Nosra et d'autres groupes terroristes», tout comme selon lui celles de la coalition. Al-Nosra est aussi considéré par Washington comme un groupe «terroriste».