Une année noire, une de plus: 63 journalistes tués, plus de 1300 agressés ou menacés et plus d'un millier censurés. Selon le bilan dressé par Reporters sans frontières (RSF), les journalistes payent une nouvelle fois un lourd tribut. L'année 2005 aura même été la plus meurtrière depuis 1995.

Au moins 63 journalistes, dix de plus qu'en 2004, ont été tués dans le monde pour avoir exercé leur profession ou exprimé leurs opinions. RSF a publié mercredi son rapport annuel sur la liberté de la presse pour l'année écoulée. Le bilan de l'année 2005 avoisine celui de 1995 qui totalisait 64 disparitions (dont 22 en Algérie).

Comme toujours, la géographie des exécutions et de la censure est celle de la guerre et du recul de la démocratie dans le monde. Pour la troisième année de suite, c'est l'Irak qui représente le terrain le plus meurtrier pour les journalistes: 24 d'entre eux y ont péri en 2005, ainsi que cinq collaborateurs des médias (chauffeurs, interprètes…) Depuis le début du conflit enmars2003, 76 journalistes et collaborateurs ont disparu en Irak, un chiffre supérieur à celui des disparitions survenues durant la guerre du Vietnam, au cours de vingt années de conflit.

Seul le chiffre des interpellations est en baisse: 807 arrestations en 2005, contre 907 en 2004. Mais les agressions et menaces sont-elles en augmentation constante: 1308 journalistes ont fait les frais de cette forme de violence, contre 1146 en 2004. Le Bangladesh et le Népal sont, entre autres, pointés du doigt par RSF.

Le rapport évoque aussi une augmentation de la censure de plus de 60% (1006 cas l'année passée contre 622 en 2004).

Les journalistes emprisonnés dans le monde sont au nombre de 126. La Chine, Cuba, l'Ethiopie, l'Erythrée et la Birmanie figurent en tête de liste. Une petite note d'espoir: la France s'est félicité mercredi de la libération d'un journaliste chinois, Jiang Weiping, condamné à 8 ans de prison pour avoir dénoncé la corruption dans son pays.

http://www.rsf.org/IMG/pdf/Bilan_2005_Fr.pdf