Le rapport d'enquête de la commission Volcker sur le scandale «Pétrole contre nourriture» à l'ONU, qui devrait être rendu public mardi, critique le secrétaire général Kofi Annan, a affirmé le Wall Street Journal dans son édition de vendredi, sans citer de sources. Selon le quotidien des affaires, le rapport met en cause pour la première fois directement le secrétaire général des Nations unies pour des erreurs de jugement et de gestion impliquant son fils Kojo et une société suisse travaillant pour le compte de l'ONU, la Cotecna. A l'appui de ses affirmations, le journal cite «des personnes ayant eu accès au contenu du rapport».

Il ajoute par ailleurs que le rapport d'enquête va critiquer M. Annan pour n'avoir pas réussi à repérer et corriger rapidement les problèmes systémiques à l'intérieur de la bureaucratie de l'ONU qui ont pesé sur le programme «Pétrole contre nourriture» pour l'Irak et qui ont perduré jusqu'en 2003.

Mais, toujours selon le journal, le rapport exonère Kofi Annan des accusations éventuelles de trucage du système d'attribution des contrats de l'ONU et n'a trouvé aucune preuve non plus montrant que M. Annan aurait exercé une influence sur des entreprises, ou qu'il ait cherché à en obtenir des bénéfices indus. L'enquête est menée par l'ancien président de la Réserve fédérale américaine, Paul Volcker.

Mercredi, le directeur de cabinet de M. Annan, Marc Malloch-Brown, avait anticipé une éventuelle fuite dans la presse sur le contenu de ce rapport très attendu en indiquant qu'il devrait «exonérer le secrétaire général» de l'ONU, en dépit de nouvelles accusations récentes à l'encontre de son fils Kojo. Il avait néanmoins concédé que les dirigeants de l'ONU «croyaient» désormais les accusations pesant contre le dirigeant du programme «Pétrole contre nourriture», Benon Sevan.

Mise en cause, la Cotecna s'est refusée cette semaine à révéler publiquement le montant des sommes qu'elle a versées à son ancien employé Kojo Annan. Selon le Financial Times, Kojo Annan a reçu au moins 300 000 dollars de la société d'inspection basée à Genève, soit près du double de la somme jusque-là révélée. Interrogé, un porte-parole de la Cotecna a expliqué que «ce n'est pas à nous de révéler» le montant des sommes versées à Kojo Annan.