Elle avait promis en juin dernier de le publier. Sous forte pression d’ONG, de missions diplomatiques, Michelle Bachelet a finalement rendu public un rapport très attendu sur les violations des droits humains dans le Xinjiang mercredi soir à 23h47. Quelques minutes seulement avant la fin de son mandat de quatre ans de haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme. La publication a eu lieu presque en catimini alors qu’à Pékin, les bureaux sont encore fermés et qu’en Occident, l’attention est portée sur le décès de l’ex-leader soviétique Mikhaïl Gorbatchev. Au Palais des Nations, la presse internationale qui couvre de près les droits humains est furieuse. Un journaliste occidental le dit sans ambages: «C’est incroyable qu’on nous jette ce rapport au visage à la dernière minute, un document pourtant aux conséquences potentiellement considérables.»