Vladimir Poutine reste son «meilleur ami», selon les mots du président chinois, Xi Jinping. Les deux hommes ont prolongé le 28 juin leur pacte d’amitié sino-russe signé en 2001, stipulant le soutien à la défense de l’unité nationale et à l’intégrité territoriale. «Dans le monde d’aujourd’hui, de tels accords sont d’une importance majeure», a indiqué Vladimir Poutine lors d’une visioconférence avec son homologue chinois, évoquant un «contexte de turbulences géopolitiques croissantes». Pour le président russe, qui accuse régulièrement les Etats-Unis de fomenter des «révolutions de couleurs» à travers la planète, «la coordination russo-chinoise joue un rôle stabilisateur dans les affaires mondiales.» Manière pour Vladimir Poutine de rassurer son homologue chinois peu après sa rencontre avec Joe Biden à Genève le 16 juin au terme d’une tournée européenne du président américain, destinée à constituer un front commun contre la Chine.

«Pékin se méfie traditionnellement de tout accord entre Moscou et Washington, craignant qu’ils ne deviennent une sorte de collusion derrière le dos chinois», souligne le sinologue russe Alexander Lukin. Il ajoute que certains de ses collègues chinois soupçonnent que «Moscou ne se rapproche de Pékin que pour renforcer sa position face à l’Occident, et changera rapidement de camp dès que des conditions favorables lui seront offertes.» Or, Alexander Lukin estime qu’un «tel développement des événements dans la situation internationale actuelle est impossible. Pour la Russie, la coopération avec la Chine est importante en soi, et non comme un atout dans un jeu géopolitique.»