Ils ont été relâchés dans la région de Fizi, dans le Sud-Kivu, où ils avaient été enlevés le 9 avril, et remis par le groupe armé à une équipe du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), a précisé l’organisation.

«Nous sommes soulagés et heureux d’avoir retrouvé nos huit collègues en bonne santé. Leur retour marque la fin de longues journées difficiles, tant pour eux que pour leurs familles et leurs amis», a déclaré Franz Rauchenstein, chef de la délégation du CICR en République démocratique du Congo (RDC).

L’équipe avait été arrêtée à Kananda alors qu’elle revenait d’une mission d’évaluation des besoins des personnes déplacées.

La Mission de l’ONU en RDC (MONUC) a permis cette libération en offrant son soutien logistique. «L’ONU nous a aidés à accéder à la région où nos employés étaient détenus avec des véhicules et un hélicoptère», a expliqué une porte-parole du CICR à Genève, Nicole Engelbrecht, interrogée par l’ATS.

«La libération a eu lieu sans conditions. Il n’y a pas eu de demande de rançon», a ajouté la porte-parole. Elle a indiqué que le CICR n’était pas visé en tant quel tel. L’équipe de huit employés a été prise au piège du regain de tension dans cette région.

L’insécurité et les difficultés d’accès ont retardé la libération, a ajouté Nicole Engelbrecht. «Nos employés vont rejoindre leur famille dès que possible», a-t-elle dit. Le délégué suisse enlevé, dont l’identité reste confidentielle, doit rentrer en Suisse prochainement pour retrouver sa famille.

La RDC est l’une des plus grosses opérations du CICR, avec 650 employés au total, dont 69 expatriés. L’organisation n’avait pas suspendu ses opérations en raison de cet enlèvement.

Le chef du groupe Maï Maï Amuri Yakutumba avait affirmé mercredi à une radio que cet enlèvement était une méprise. Il avait aussi déclaré n’avoir rien demandé en retour.

La zone du Sud-Kivu est très dangereuse en raison de la multiplicité des milices armées, qui font face à l’armée gouvernementale. Le groupe des Maï Maï Yakutumba s’est distancé du processus de réintégration dans l’armée congolaise faute d’avoir obtenu satisfaction.

Le CICR a connu récemment plusieurs autres enlèvements: en mars, un délégué franco-britannique était libéré au Darfour (Soudan) après 147 jours de détention, un autre délégué français a été détenu au Tchad pendant plusieurs semaines. L’an dernier trois délégués, un Suisse, une Philippine et un Italien, avaient été retenus pendant plusieurs mois aux Philippines par le groupe Abou Sayyaf.