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Le réalisateur ukrainien Oleg Sentsov jugé pour «terrorisme»

Le procès du réalisateur opposé à l’annexion de la Crimée s’est ouvert mardi à Rostov sur le Don. Il risque 20 ans de prison pour «organisation d’attentats»

Un réalisateur ukrainien jugé en Russie

Russie Oleg Sentsov, opposé à l’annexion de la Crimée, risque 20 ans de prison

Moscou condamne à de lourdes peines des Ukrainiens dans des affaires de terrorisme que les intéressés qualifient de «fabriquées». Au ban des accusés, mardi, le réalisateur Oleg Sentsov, 39 ans, a déclaré qu’il ne reconnaissait pas l’autorité du juge. Son procès a démarré hier devant le tribunal militaire de Rostov sur le Don, alors que l’opposant à l’annexion de la Crimée est déjà détenu depuis un an. Il est jugé avec trois autres personnes pour «organisation d’un groupe terroriste» et «trafic d’armes» et encourt un maximum de 20 ans de prison.

Les autorités russes affirment qu’il fait partie du groupe paramilitaire et nationaliste ukrainien Pravy Sektor (Secteur droit), qui combat les forces pro-russes dans le Donbass. L’avocat de l’accusé, Dmitri Dinzé, assure que son client n’a jamais fait partie de Pravy Sektor, ce que le porte-parole de l’organisation nationaliste Artiom Skoropadski a confirmé au Temps.

Dmitri Dinzé indique qu’Oleg Sentsov rejette toutes les accusations et se dit victime d’un procès politique à cause de ses prises de position publiques contre l’annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014. Arrêté à Simferopol (Crimée) deux mois après l’annexion, Oleg Sentsov s’est vu imposer la nationalité russe par les autorités alors qu’il se considère toujours comme un citoyen d’Ukraine. Auteur d’un long-métrage remarqué (Gamer, 2011), le réalisateur fut aussi l’un des activistes les plus en vue de Maïdan, le soulèvement ukrainien qui a ulcéré Moscou. De nombreuses figures du cinéma, y compris en Russie, ont demandé sa libération.

«Le verdict est déjà décidé et mon client en est parfaitement conscient, a commenté son avocat à l’issue de la première audience. Nous ne pouvons qu’essayer de réduire la peine.» Or, deux coaccusés dans la même affaire ont déjà été condamnés à des peines de 7 ans de prison alors qu’ils ont accepté de collaborer avec les enquêteurs, ce qui n’est pas le cas d’Oleg Sentsov. «Il écopera d’une peine supérieure», prédit Dmitri Dinzé, qui ajoute qu’Oleg Sentsov «pourra peut-être bénéficier d’un échange de prisonniers [entre Ukraine et Russie], mais seulement après que le verdict aura été prononcé».

Victime de torture

Dmitri Dinzé a aussi déclaré hier que son client s’est plaint d’avoir été torturé par le FSB (les services de sécurité russes), sans donner d’autres détails. Les ONG russes et internationales décrivent comme routinière la pratique de la torture par les enquêteurs russes, en particulier dans les affaires à caractère politique. Au lieu de lutter contre ces abus, les autorités russes jettent l’opprobre sur l’ONG Comité contre la torture, qualifié par une loi «d’agent étranger». L’ONG a cessé son activité la semaine dernière après de multiples attaques, dont le saccage de ses locaux à Grozny, en Tchétchénie.

Les ONG ukrainiennes ont identifié 12 Ukrainiens détenus dans les prisons russes pour des motifs politiques. Kiev donne le chiffre de 30 prisonniers, mais sans révéler leurs identités.

La plus célèbre détenue ukrainienne en Russie est la pilote de l’armée de l’air Nadejda Savchenko, 33 ans, accusée par la justice russe d’avoir causé la mort de deux journalistes russes. La défense de Savchenko affirme que l’affaire est entièrement fabriquée et que la jeune femme a été enlevée par les services secrets russes en juin 2014 sur le territoire ukrainien. Son procès vient d’être transféré de Moscou à une petite ville située sur la frontière avec l’Ukraine. Son avocat, Ilia Novikov, a dénoncé hier une tentative d’isoler complètement le procès des médias. La loi russe conditionne l’accès aux zones frontières à une autorisation spéciale du FSB, ce qui empêche de facto les journalistes et les proches d’assister aux audiences. Nadejda Savchenko risque 25 ans de prison.

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