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Reality Leigh Winner, image non datée fournie par les services du comté de Lincoln, Géorgie, juin 2017.
© Social media via Reuters

Etats-Unis

Reality Winner, première lanceuse d’alerte inculpée de l’ère Trump

Les autorités ont procédé à leur première arrestation après la fuite dans les médias d’un rapport confidentiel montrant l’interférence russe dans l’élection présidentielle

Reality Winner est «une patriote, une vétéran qui a servi son pays», a plaidé son beau-père devant les caméras de CNN. La jeune femme de 25 ans risque jusqu’à 10 ans de prison; elle a été inculpée lundi par le Département de la justice sous l’Espionage Act pour avoir fourni des documents confidentiels à un média, ce qu’elle aurait elle-même reconnu. A savoir, le rapport de la NSA (National Security Agency) publié lundi par The Intercept.

Une heure après l’apparition du rapport sur le site d’investigation, les autorités annonçaient l’arrestation et l’inculpation de Reality Winner. Montrant ainsi leur volonté de se montrer impitoyables envers les lanceurs d’alerte, selon le New York Times. D’autant qu’il s’agit de la première affaire criminelle de fuites sous l’administration Trump; en février, le président avait averti les «voyous» auteurs de fuite qu’ils seraient «attrapés».

L’arrestation de Reality Winner est en tout cas venue jeter de l’huile sur le feu de l’affaire de l’interférence russe dans la campagne présidentielle; une affaire qui pourrit la présidence de Donald Trump et fait l’objet de plusieurs enquêtes en cours, dont une du FBI. Ces jours-ci, tous les regards sont braqués sur le Congrès, plus précisément la Commission du renseignement du Sénat. Interrogés mercredi par la commission, Dan Coats, à la tête du Renseignement (National Intelligence), et Mike Rogers, qui dirige la NSA, ont assuré ne pas avoir subi de pression du président, mais ont refusé de dire s’il leur avait demandé de tempérer l’enquête du FBI. L’audition extrêmement attendue est pour ce jeudi: tout le monde se demande si James Comey, le directeur du FBI abruptement limogé le 9 mai dernier, parlera franchement de ses relations de travail avec le président ou s’il gardera ses secrets.

Attaque contre les machines de vote

Daté du 5 mai dernier, le rapport – très technique – de la NSA montre pour la première fois de manière étayée comment des hackers russes ont tenté de s’immiscer dans l’élection américaine, par le biais d’une attaque contre l’entreprise VR Systems, qui fournit le logiciel des machines de vote. Et vient mettre à mal l’argument martelé par Donald Trump selon lequel l’interférence russe présumée ne serait que «le plus grand hoax de tous les temps». Dans le rapport, la NSA indique ne pas être certaine du résultat du hacking.

Qui est la whistle-blower? Arrêtée à son domicile le week-end dernier, Reality Winner, qui maîtriserait le farsi et le pachtoune, a notamment travaillé comme linguiste pour l’US Air Force avant d’être embauchée en février dernier dans une agence sous-traitante de la NSA basée en Géorgie. Elle était parmi le 1,3 million d’employés fédéraux bénéficiant d’une high security clearance, soit un accès à des informations strictement classifiées. Avant son embauche, elle avait exprimé sur les réseaux sociaux son dégoût pour le président, qu’elle a notamment qualifié de «fasciste orange», et fait connaître son soutien à la lutte contre le réchauffement climatique ou au mouvement Black Lives Matter.

Michael Moore s’en mêle

La lanceuse d’alerte aurait été trahie par une imprimante lorsque le journaliste en possession du rapport imprimé l’a soumis au FBI pour authentification. Plusieurs journalistes, mais aussi Julian Assange, qui a exprimé son soutien à la jeune femme sur Twitter, ont dénoncé la légèreté avec laquelle The Intercept aurait traité sa source. Sans confirmer qu’il s’agissait bien de Winner, le site de Glenn Greenwald a demandé à ses lecteurs de faire preuve de «scepticisme» quant aux informations données par le FBI. De son côté, le réalisateur Michael Moore a lancé TrumpiLeaks, qui permettrait aux lanceurs d’alerte de partager leurs informations en toute sécurité.

Rappelons que l’administration Obama s’était déjà montrée très dure envers les whistle-blowers. Certains observateurs n’ont pas manqué d’ironiser sur le fait que c’est surtout après les fuites qui l’embarrassent ou le prennent directement à partie que le président en a. La preuve? Il n’a pas daigné tweeter sur l’arrestation de Reality Winner…

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