Ivan Rybkine n'est pas mort. Il n'a pas non plus été victime d'un enlèvement. Celui-ci se trouvait depuis cinq jours à Kiev en Ukraine. La nouvelle, tombée mardi en fin de journée, a été rapportée par l'état-major électoral du candidat à la présidentielle du 14 mars. Il «a indiqué qu'il avait passé quatre jours chez des amis, et qu'il ne comprenait pas l'hystérie» médiatique déclenchée par son absence. Interrogé un peu plus tard depuis l'Ukraine par la même agence, le leader de Russie libérale prétendait «avoir décidé de prendre un peu de repos». «J'étais chez des amis, j'avais coupé tous mes téléphones et n'ai pas regardé la télévision… J'ai laissé à ma femme, qui s'occupe de mes petits enfants, des fruits et de l'argent, mais je ne lui ai rien dit. J'ai changé de veste, pris le train, et suis parti pour Kiev.» La disparition d'Ivan Rykbine, en pleine campagne électorale, avait été prise très au sérieux tant en Russie qu'à l'étranger. M. Rybkine avait multiplié ces derniers temps les diatribes contre le Kremlin. Enfin, peu de temps avant sa disparition, il s'était dit menacé par les services russes. Si le retour du candidat est une bonne nouvelle pour la classe politique, il n'est pas certain que «l'affaire Rybkine» soit réellement terminée. Nombreux sont ceux qui doutent, à l'image d'Alexandre Goldfard, président de la Fondation des libertés civiques. Cette histoire, s'est-il insurgé sur une radio moscovite, est «une opération du pouvoir extraordinairement bien réussie pour neutraliser Rybkine. Qu'a-t-il fallu faire à cet homme que je connais bien pour qu'il fasse un tel numéro».