Les rebelles ont pris le contrôle d’un large périmètre autour de Saraqeb, carrefour stratégique de routes reliant Damas, Alep (nord) et Lattaquié, sur la côte. Avec cette prise, ils coupent quasiment tout accès des troupes au nord où elles sont aux prises avec les rebelles depuis plus de trois mois pour le contrôle d’Alep. «Le régime contrôle toujours une partie des provinces de Raqa (nord-est) et de Deir Ezzor (est) et peut faire passer son ravitaillement par ces villes ou par les routes du désert. Mais c’est bien plus long et compliqué», a expliqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH.

Au moins 28 soldats ont été tués jeudi au combat ou froidement exécutés par les rebelles qui s’étaient emparés de leurs positions près de Saraqeb (nord-ouest), a rapporté l’OSDH.

Exécution de soldats: «un crime de guerre»

Ces exécutions sont «très vraisemblablement un crime de guerre», a déploré vendredi le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme. Une vidéo diffusée jeudi par des militants montre des rebelles frappant une dizaine de soldats blessés, avant de les aligner sur le sol et de les achever en les traitant de «chiens de chabbihas d’Assad», nom donné aux miliciens pro-régime.

Selon un premier visionnage, «les soldats tués n’étaient plus en train de combattre, et par conséquent, à ce stade, cela ressemble très vraisemblablement à un crime de guerre, un de plus», a expliqué Rupert Colville, un porte-parole du Haut-Commissariat. D’autres vidéos montrant des exactions des rebelles avaient été mises en ligne en juillet, en août et en septembre.

Le CNS a exhorté «l’Armée syrienne libre et les mouvements qui animent la révolution sur le terrain à demander des comptes à quiconque viole les droits de l’Homme». Radif Moustapha, chargé des droits de l’Homme au sein du CNS, a toutefois souligné que, selon lui, les crimes des combattants rebelles étaient «sans commune mesure» avec ceux du régime.

Vive réponse à Washington

Le CNS a vivement réagi ce vendredi aux propos de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton. Mercredi, Hillary Clinton avait estimé que le CNS ne pouvait «plus être considéré comme le dirigeant visible de l’opposition», et plaidé pour qu’il devienne «une partie d’une opposition élargie» comprenant «des gens à l’intérieur de Syrie et d’autres».

Dans un communiqué, le Conseil a condamné les projets «visant à passer au-dessus du Conseil ou à créer des instances le remplaçant», les qualifiant de «tentative de nuire à la révolution syrienne en semant les germes de la division». Il a par ailleurs souligné être passé «de 280 à 420 membres, dont 33% issus du mouvement (qui anime sur le terrain) la révolution», et évoque une «hausse de la représentation des membres de l’intérieur».

Jeudi, dans un autre communiqué, le CNS a pour la première fois détaillé les aides qu’il a reçues: la Libye lui aurait versé 20,4 millions de dollars, le Qatar 15 millions et les Emirats arabes unis 5 millions depuis la création officielle de la coalition, en octobre 2011. Les dépenses au 31 octobre 2012 ont totalisé 29,7 millions de dollars, la majorité (89%) ayant été consacrée aux opérations de secours et d’aides à la population syrienne, y compris les réfugiés dans les pays voisins. Le reste (11%) a été alloué aux services administratifs et aux communications.