Des rebelles en Centrafrique ont pris le contrôle dimanche de Bangassou, une ville située à 750 km à l'est de Bangui. Des groupes armés ont attaqué à l'aube la ville et ont pris son contrôle après plusieurs heures de combats. «Les rebelles contrôlent la ville, ils sont partout», a déclaré à l'Agence France Presse (AFP) Rosevel Pierre Louis, le chef du bureau régional de la Mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) à Bangassou.

Cinq «éléments armés» sont morts, a tweeté la Minusca sans plus de précisions. Une quinzaine de blessés ont été transportés par Médecins sans frontières, a de son côté déclaré l'ONG.

Dans un communiqué dimanche, la Minusca a indiqué qu'elle tenait les principaux groupes armés, «l'UPC, le MPC, le 3R, le FPRC, les anti-Balakas et l'ancien président François Bozizé comme responsables de ces attaques et des conséquences graves sur la population civile».

La prise de Bangui bloquée par l'arrivée des Russes et des Rwandais

Le 19 décembre, une coalition de groupes armés a lancé une offensive pour perturber les élections présidentielle et législatives et a promis de «marcher sur Bangui». Mais les rebelles sont pour l'heure toujours tenus à distance de la capitale par les Casques bleus de l'ONU et les forces armées de Centrafrique (FACA), épaulés par des renforts de centaines de paramilitaires russes et de soldats d'élite rwandais.

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Samedi, des rebelles avaient lancé une attaque à Damara, fief du président sortant et favori du scrutin Faustin Archange Touadéra, situé à 70 km au nord de Bangui, mais ils avaient été repoussés.

«Les rebelles pensaient pouvoir atteindre Bangui, mais ils ne s'attendaient pas à l'arrivée des Russes et des Rwandais», a estimé auprès de l'Agence France Presse Roland Marchal, spécialiste de la Centrafrique au Centre de Recherches Internationales (CERI) de Sciences Po à Paris.

Pour Nathalia Dukhan, experte de la Centrafrique pour l'ONG américaine The Sentry, les groupes armés ont adopté une stratégie de «long terme en mettant la main sur les ressources pour étouffer Bangui et pouvoir acheter des équipements et se renforcer militairement».

Les résultats des élections attendus le 19 janvier

La prise de Bangassou intervient à la veille de la publication des premiers résultats partiels de l'élection présidentielle par l'autorité nationale des élections (ANE). Sur un territoire occupé aux deux tiers par des groupes armés, les votes des Centrafricains mettent du temps à être compilés. Des milliers de personnes ont en outre été empêchées de voter ou privées de leur carte d'électeur, jamais arrivée en raison de l'insécurité.

Sur un total de 71 sous-préfectures, «29 n'ont pas voté», avait déclaré lundi le ministre de l'Administration du territoire. «Et dans six autres sous-préfectures, il n'y a eu qu'un vote partiel», avait ajouté Momokoama Théophile, rapporteur général de l'ANE.

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Le parti du président Touadéra a affirmé jeudi qu'il était en passe d'être réélu dès le premier tour de l'élection. La COD-2020, qui regroupe les plus importants partis et mouvements de l'opposition, a de son côté énoncé dans un communiqué publié mercredi une série de griefs, parmi lesquels «des bourrages massifs des urnes» et «un nombre de votants qui dépasse celui des inscrits» dans certains bureaux de vote. Les résultats définitifs des élections sont attendus le 19 janvier.