Le secrétaire général de l'ONU a tempéré jeudi 29 novembre l'espoir d'un début rapide de pourparlers de paix sur le Yémen. Les rebelles Houthis posent leurs conditions pour y participer. «Je ne veux pas créer trop d'attentes, mais nous sommes en train de travailler dur pour nous assurer que nous pourrons commencer des discussions cette année», a déclaré António Guterres à Buenos Aires, où il participera vendredi et samedi au sommet du G20, aux côtés notamment d'un protagoniste central de cette crise, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.

Lire aussi: Coup de semonce du Sénat américain contre le soutien militaire à Riyad

L'ONU n'a fixé aucune date pour ces consultations mais les Etats-Unis, notamment, ont affirmé qu'elles auraient lieu début décembre, et la date du 3 décembre a beaucoup circulé. L'émissaire de l'ONU, Martin Griffiths, cherche à réunir le pouvoir et les rebelles en Suède en vue de tenter de trouver un règlement politique au conflit qui ravage ce pays pauvre de la péninsule Arabique depuis près de quatre ans.

Ouverture des rebelles

«La délégation nationale (des Houthis, ndlr) sera là-bas en Suède, si Dieu le veut, le 3 décembre, si les garanties pour une sortie et un retour (des rebelles, ndlr) en sécurité au pays sont maintenues», a écrit sur Twitter le chef du conseil révolutionnaire suprême des rebelles. Il a aussi jugé nécessaires «des indices positifs qui montrent l'importance de la paix chez les autres parties». C'est la première fois que les rebelles font état aussi clairement de leur participation aux pourparlers.

Lire aussi: L'ONU reprend espoir sur un règlement de la guerre au Yémen

Un autre haut responsable politique des Houthis, cité par l'agence des rebelles Saba, a dit également que les rebelles chiites étaient prêts à se rendre en Suède, appelant à oeuvrer pour parvenir à la «réconciliation sur la base du respect mutuel et des relations de bon voisinage». Il a ajouté que les insurgés faisaient preuve d'une «grande retenue», afin «d'assurer un climat qui favoriserait un succès des prochaines consultations». Le gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi avait déjà annoncé qu'il irait en Suède.

Vidéo: Trois minutes pour tout comprendre sur la guerre au Yemen

Les déclarations des belligérants, à l'occasion de la fête d'indépendance du Yémen le 30 novembre, ont été faites alors que les combats se poursuivent sur plusieurs fronts, selon les médias des deux camps. La guerre opposant les forces progouvernementales, appuyées par une coalition militaire menée par l'Arabie saoudite, voisine du Yémen, aux rebelles pro-iraniens, a fait depuis 2015 quelque 10 000 morts et provoqué la pire crise humanitaire au monde selon l'ONU.