Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Dans la Salle des droits de l’homme, le plafond spectaculaire est l’œuvre de l’artiste espagnol Miquel Barceló.
© AFP Photo/Fabrice Coffrini

Nations unies

Rébellion contre des coupes salariales aux Nations Unies

Alors que le secrétaire général des Nations unies rencontre aujourd’hui et demain à Genève les chefs des agences onusiennes (OMS, OIT, OMPI, etc.), les fonctionnaires internationaux se mobilisent pour dénoncer des mesures de réduction massive des salaires

Dans un courriel envoyé lundi 24 avril aux fonctionnaires internationaux des Nations unies à Genève, la Fédération des associations des fonctionnaires internationaux (FICSA) et le Comité de coordination des associations et syndicats internationaux du personnel du système de l’ONU, appellent à manifester aujourd’hui dans la Cité de Calvin pour «sauver un mois de salaire». Motif de cette mobilisation: New York entend réduire le salaire de quelque 5400 fonctionnaires onusiens à Genève de 7,5%. A Genève, on perçoit la mesure comme un coup tordu de New York.

Les fonctionnaires potentiellement touchés avaient prévu de protester en début d’après-midi ce mardi devant le principal édifice de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle. C’est là que se réunissent aujourd’hui et demain le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres et le Conseil des chefs de secrétariats de l’ONU pour la coordination (CEB). Mais au vu des personnalités présentes, la police genevoise a fini par retirer l’autorisation de manifester. Ian Richard, secrétaire exécutif du Conseil de coordination des associations de personnel de l’ONU a déjà songé à une solution alternative: la manifestation devrait avoir lieu symboliquement au sein même du Palais des Nations. Le personnel affecté entend dénoncer les méthodes de calcul appliquées à New York.

Lire aussi: Genève plaque tournante de la médiation

Bras de fer pour Antonio Guterres

Pour Antonio Guterres, qui séjourne pour quatre jours à Genève, son début de mandat commence déjà par un bras de fer. Si les syndicats des fonctionnaires onusiens se rebellent, ils ne sont pas les seuls. Les chefs d’agence, de Margaret Chan, directrice générale de l’OMS à Guy Ryder, à la tête de l’OIT en passant par Filippo Grandi, patron du HCR et Francis Gurry, chef de l’OMPI, tous dénoncent les mesures de la Commission de la fonction publique internationale (ICSC). Dans une missive envoyée le 13 avril, Francis Gurry dénonce le «manque de transparence» de l’ICSC.

A l’instar des autres agences onusiennes, il relève qu’une réduction salariale aussi brutale «aura un impact très néfaste sur la capacité de l’OMPI à attirer et à retenir les employés de talent dont l’organisation a besoin». Rencontrant les autorités suisses à Berne lundi, le patron de l’ONU Antonio Guterres a exprimé sa relative impuissance face à une telle décision: «C’est une source de grande préoccupation de ma part. Les employés de Genève devront faire face à une réduction significative de leurs salaires. Nous en avons parlé avec les responsables de la Commission internationale. Il ne sera pas facile de modifier les calculs, nous espérons au moins qu’un mécanisme de transition pourra atténuer le choc».

Lire aussi: Les 120 jours d’Antonio Guterres

Or c’est précisément les calculs de l’ICSC qui indisposent Ian Richards. Le syndicaliste et secrétaire exécutif de la FICSA s’étonne que l’ICSC ait calculé le niveau des loyers genevois en intégrant ceux appliqués en France voisine. En 2010, une évaluation du coût de la vie sur les différents sites onusiens avait déjà été effectuée. Genève apparaissait à l’époque 12,3% plus chère que New York. Selon l’évaluation entreprise en octobre dernier, la Cité de Calvin n’est plus que 2% plus chère que New York. Ian Richards ne comprend pas pourquoi les comptables new-yorkais évaluent un aller simple en train en Suisse pour un trajet de 250 kilomètres à 23 dollars alors que le prix effectif est de 89 dollars. Les comparaisons relatives aux coûts de la santé ne sont pas non plus crédibles, estime-t-on. Le sentiment est, ajoute Ian Richards, que les statistiques ont été manipulées.

Risque de délocalisations

L’inquiétude à Genève est d’autant plus vive qu’à ces menaces réelles de réductions salariales s’ajoute la perspective de possibles coupes dans le budget onusien qui pourrait valoir des suppressions d’emplois, mais aussi celle de délocalisations de services administratifs, notamment à Bonn en Allemagne.

Pour Ian Richards, l’impression est que New York souhaite faire payer Genève pour les gros investissements consentis par les Etats membres pour rénover notamment le Palais des Nations à hauteur de 837 millions de francs. Mais c’est aussi à ses yeux une manière maladroite de se mettre à dos le personnel onusien à un moment où Antonio Guterres entend mener des réformes de fond au sein de l’organisation.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo monde

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

Cela faisait 5 ans que le pays adepte des grandes démonstrations de force n'avait plus organisé ses «jeux de masse», où gymnastes et militaires se succèdent pour créer des tableaux vivants devant plus de 150 000 spectacteurs. Pourquoi ce retour?

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

n/a