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Les journalistes du «Financial Times» racontent leur soirée dans une vidéo publiée sur le site du quotidien.
© Capture d'écran Financial Times

Lu ailleurs

Le récit d’hôtesses harcelées pendant le gala du «Club des présidents» glace l’Angleterre

Une enquête du «Financial Times» fait la lumière sur des cas de harcèlement sexuel lors d’une soirée privée. L’événement, présenté comme «chic et sexy», ne comptait parmi ses invités que des hommes. Pour les servir, des jeunes femmes incitées à «interagir» avec les clients

La soirée s’est déroulée derrière les portes du très secret hôtel Dorchester, à Londres. Le jeudi 18 janvier, des centaines de personnalités ont participé au «Presidents Club». Ce prestigieux dîner annuel lève des fonds pour des hôpitaux ou diverses causes. Dans un long article, le Financial Times raconte les coulisses de cette soirée exclusivement réservée aux hommes de pouvoir. Deux journalistes du quotidien britannique se sont infiltrées dans l’hôtel en se faisant passer pour des hôtesses.

Les 130 femmes présentes avaient reçu pour consigne de porter des vêtements spécifiques: une tenue noire légère avec des sous-vêtements assortis et des talons hauts. Elles étaient également invitées à soigner leur coiffure et leur manucure selon les standards d’un événement présenté comme «chic et sexy». Les robes moulantes étaient fournies par l’agence d’hôtesses, tout comme les accessoires.

Retrouvez ici notre chronologie: Harcèlement sexuel: l’«affaire Weinstein» et ses suites

«Touchées contre leur gré»

Comportements sexistes, harcèlement et agressions sexuelles, le récit du dîner fait froid dans le dos. «Au cours de ces six heures, de très nombreuses hôtesses ont été touchées contre leur gré, et ont reçu des commentaires grossiers ainsi que des invitations répétées à aller dîner dans des chambres privées du Dorchester. Une hôtesse raconte qu’un des invités lui a montré son pénis.»

Une jeune femme de 19 ans explique avoir subi les avances d’un homme de 70 ans. Il lui a demandé si elle était une prostituée. Les invités étaient avertis dans la brochure de la soirée: ils ne devaient en aucun cas harceler sexuellement ni les hôtesses ni les invités.

Retrouvez ici le dossier: Harcèlement et agression sexuels, la loi du silence

Contrôle strict

Selon le Financial Times, les hôtesses étaient soumises à un contrôle strict. Leurs téléphones portables étaient confisqués avant le début de la soirée. Si elles apparaissaient trop en retrait, elles étaient invitées à interagir davantage avec les hôtes. Une mesure résume la sévérité de ce suivi: «Les femmes qui passaient trop de temps aux toilettes étaient signalées et ramenées dans la salle de bal. Un agent de sécurité était à la porte et les chronométrait», peut-on lire dans l’article.

L’organisation du dîner caritatif s’est dite «consternée» par les comportements rapportés dans le quotidien britannique. L’hôtel Dorchester a quant à lui assuré appliquer une tolérance zéro à l’égard du harcèlement sexuel. Outre-Manche, l’affaire fait grand bruit. Ces révélations ont passé la porte du 10 Downing Street. Le porte-parole de Theresa May a confié que «la lecture de cet article ce matin avait mis la première ministre mal à l’aise». David Meller, l’un des responsables du club organisateur de cette soirée, siégeait depuis 2013 au sein d’une commission dépendant du Ministère de l’éducation. Il a démissionné.

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