Gaza

Pas de reconstruction sans levée du blocus israélien

La Conférence des donateurs se tiendra le 12 octobre au Caire

Et maintenant reconstruire

Selon les estimations de l’Autorité palestinienne (AP), la reconstruction de la bande de Gaza coûtera 7,2 milliards de francs. D’autres évaluations citent un chiffre moins élevé de vingt pour cent, mais tous les experts s’accordent pour affirmer que la levée du blocus israélien de l’enclave est la condition essentielle pour relever la bande de Gaza.

Le 12 octobre, l’Union européenne, les Etats-Unis, ainsi que plusieurs pays arabes mettront la main au portefeuille à l’occasion de la Conférence des donateurs organisée au Caire. Mais pas à n’importe quel prix. Car, depuis le démantèlement des colonies israéliennes à l’été 2005, trois guerres ont opposé le Hamas et l’Etat hébreu. Trois conférences ont donc été organisées pour financer la reconstruction de Gaza et, cette fois, les donateurs espèrent bien qu’il s’agit de la dernière. En tout cas, ils exigent la garantie que leurs fonds ne seront pas investis à perte et qu’ils ne seront pas détournés à des fins militaires par le Hamas. Voilà pourquoi l’argent transitera par l’AP, dont le gouvernement d’union nationale sera chargé de la reconstruction en concertation avec la communauté internationale. Grâce à cette manne, l’AP, son président, Mahmoud Abbas, et le Fatah pourront également reprendre pied à Gaza, d’où ils avaient été chassés par le putsch du Hamas en juin 2007.

Desserrer l’étau israélien

Le retour de l’AP dans l’enclave contrôlée par le Hamas rassurera quelque peu les Occidentaux. Quant aux Israéliens, ils ne font de toute façon confiance à personne. Quoi qu’ils en disent dans leurs discours publics, Benyamin Netanyahou et son ministre de la Défense, Moshe Yaalon, semblent néanmoins prêts à accepter cette nouvelle situation. Et à desserrer l’étau autour de Gaza.

Au Caire, les donateurs ne se contenteront pas de promettre de l’argent. Ils devront également trouver le moyen de payer le salaire des 40 000 fonctionnaires nommés depuis 2007 par le Hamas à Gaza pour remplacer les 70 000 employés de l’AP qui avaient été expulsés de leur lieu de travail après le putsch islamiste.

Le temps presse, car les fonctionnaires ne sont plus payés ou seulement de manière partielle. Ces dernières semaines, des mouvements de grève – rapidement étouffés – ont éclaté parmi les enseignants. Quant au personnel de nettoyage des hôpitaux de Gaza, il a débrayé. Quelques manifestations organisées par des Gazaouis mécontents ont également été réprimées par les policiers du Hamas .

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