Olivier Pastré, professeur d’économie à l’Université Paris VIII.

Lundi dans le quotidien Les Echos, Olivier Pastré a cosigné avec deux économistes un programme économique pour la France. Il le résume ainsi: «Il faut arrêter de se faire peur: les capacités d’action du gouvernement demeurent significatives. Elles seront d’autant plus grandes que la France parviendra à réduire ses dépenses publiques de fonctionnement, ce qui peut être fait de manière intelligente. De la sorte, elle pourra utiliser les économies réalisées pour augmenter les dépenses publiques d’investissement, celles qui préparent l’avenir, dans l’éducation, l’enseignement supérieur, la recherche et le développement. Cela contribuera à enrayer le cercle vicieux de la désindustrialisation.

S’agissant des comptes publics, il ne faut pas être un intégriste de l’équilibre budgétaire. S’il est souhaitable, voire indispensable, de revenir à l’équilibre et de pouvoir rembourser progressivement la dette, tout est une question de timing. Faut-il fermer le robinet au­jourd’hui ou un peu plus tard? Je pense que la crise n’est pas terminée et qu’il ne faut donc pas le resserrer trop rapidement.

Enfin, après le dossier des retraites, deux réformes restent à mener: celle de la fiscalité et celle du marché du travail. Il s’agit là d’augmenter l’employabilité des salariés, notamment par la formation professionnelle, et de lutter contre les inégalités fondamentales du marché du travail français, qui exclut largement les jeunes et les seniors.»