La France institutionnelle et politique est encore loin d’être convertie à la démocratie directe, version helvétique. Mais les Français, eux, votent pour le référendum. Après la revendication d’un «référendum d’initiative citoyenne» (le fameux RIC) par les «gilets jaunes» en 2018-2019, voici venu le temps du référendum «écologique» proposé par les 150 délégués de la convention citoyenne pour le climat qui s’est achevée dimanche à Paris. Ledit référendum, que les membres de cette assemblée présenteront à Emmanuel Macron à l’Elysée le 29 juin, viserait à introduire la lutte contre le changement climatique dans la Constitution de la République, et à créer un crime «d’écocide». La convention a en revanche rejeté l’idée d’un référendum pour soumettre au vote d’autres mesures spécifiques comme la rénovation thermique obligatoire des bâtiments, la limitation de la publicité, la réduction de la place de la voiture individuelle.

Dirigeant «hors sol»

Pour la convention citoyenne, qui avait été ouverte en avril 2019 et a tenu six sessions de trois jours à Paris, dans les locaux du Conseil environnemental et social, cette demande de référendum est logique. Tirés au sort, ses membres sont supposés incarner les prémices d’une alternative ou d’un complément «participatif» à la démocratie représentative, suite aux demandes exprimées par les «gilets jaunes» lors des manifestations de 2018-2019, et lors du «grand débat national» organisé à travers le pays au printemps 2019.