Le président du Mexique, Andres Manuel Lopez Obrador, restera au pouvoir après le référendum de dimanche où les Mexicains ont largement validé la poursuite de son mandat. Au total, plus de 90% des électeurs ont souhaité que le président aille jusqu’à la fin de son mandat unique de six ans en 2024, d’après les premières estimations de l’Institut national électoral (INE). L’INE a annoncé une participation comprise entre 17 et 18,2% des 93 millions d’électeurs.

La loi prévoit un seuil de 40% pour que le résultat de ce type de référendum contraigne les pouvoirs en place. En d’autres termes, même si le «non» l’avait emporté, le président n’était pas légalement obligé de démissionner avec un taux de participation largement inférieur à 40%.

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Le parti du président Mouvement pour la régénération nationale (Morena) a salué «un résultat tranchant en faveur de notre président». «Les gens ont reconnu son engagement en faveur de ceux qui en ont le plus besoin, l’énorme autorité morale avec laquelle il gouverne», a déclaré un des chefs de file de Morena, Mario Delgado.

Les Mexicains devaient répondre à la question suivante: «Etes-vous d’accord pour révoquer le mandat du président pour perte de confiance, ou pour qu’il continue à la présidence de la République jusqu’à la fin de son terme?». Le président avait lui-même inscrit dans la Constitution en 2019 ce «mandat révocatoire», sur le modèle d’autres pays latino-américains comme le Venezuela.

Un référendum rejeté par l’opposition

Trois partis d’opposition avaient appelé à l’abstention (PAN, de droite, PRD de gauche et l’ancien parti-Etat du PRI).

Le PAN a évoqué une consultation populaire marquée «par l’illégalité, le mensonge et le détournement des ressources publiques».

Le PRI a accusé Morena d’avoir transformé le référendum en «plaisanterie» pour «satisfaire son propre ego continuer à tromper les Mexicains», selon l’un de ses responsables sur Twitter, Alejandro Moreno.

Des opposants soupçonnent AMLO de vouloir s’appuyer sur un plébiscite pour envisager une réélection, un tabou politique au Mexique depuis le «Porfiriato»: le président Porfirio Diaz - un dictateur pour certains historiens - était resté au pouvoir pendant près de 30 ans de 1884 à 1911, avant son exil et sa mort à Paris.