Les préparatifs en vue d’un référendum sur le rattachement à la Russie de Zaporijjia ont commencé. C’est ce qu’ont annoncé lundi les autorités nommées par Moscou dans cette région ukrainienne. Un référendum? Voilà qui sonne plutôt juste pour des oreilles helvétiques, sauf que «le genre d’outil dont il est question ici n’a rien à voir avec la démocratie directe que vous connaissez en Suisse. En Russie, c’est une pratique plébiscitaire: elle vise à légitimer le pouvoir», explique Eric Aunoble, spécialiste de l’histoire de l’URSS à l’Université de Genève. C’est dans les années 1989 à 1991 que le recours aux référendums a été le plus intense, une période nommée «Parade des souverainetés», lors de laquelle les détenteurs de pouvoir ou d’argent vivant dans les diverses régions de l’ex-URSS ont cherché à accroître leurs biens ou leur puissance en revendiquant l’indépendance de leur territoire dans une ex-URSS qui partait en morceaux, raconte l’expert. «Le référendum d’autodétermination était à la fois une manière de gagner la liberté et de légitimer leur position.»