Les mots ont leur importance. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, résolus à graver dans le marbre des textes fondateurs de l’Union un Pacte de stabilité ­renforcé et plus contraignant, veulent des décisions en mars 2012. Or les spécialistes l’affirment à Bruxelles: un tel chantier ne peut pas être bouclé en trois mois.

Le plus probable est que la ­lettre des deux dirigeants au ­président du Conseil européen Herman Van Rompuy, chargé de préparer des propositions de réforme institutionnelles pour le sommet, va réitérer le besoin d’un mandat clair des Vingt-Sept lors du sommet du printemps prochain. Objectif? Obtenir un accord unanime sur les articles à modifier, et sur la formulation souhaitée, sachant que l’impact portera sur la seule zone euro.

Mais même si un tel accord survient, ce ne sera que le début. Il faudra ensuite opter soit pour une conférence intergouvernementale, soit pour une convention (associant parlementaires européens et nationaux), comme l’exige le Parlement européen. Une deuxième option longue et complexe… Sans parler, ensuite, du processus de ratification dans chaque pays dont on a vu, avec le Traité de Lisbonne, combien il pouvait être périlleux.

Avec ou sans Londres

Que faire donc? D’abord consulter Londres, hostile par principe à tout changement de traité. C’est en fonction des Britanniques que les autres pays devront opter, ou non, pour une renégociation à Vingt-Sept, ou à Dix-Sept. Avec, déjà, la réouverture d’une première boîte de Pandore, puisque tous les pays de l’Union ont, selon l’actuel traité, vocation à adopter l’euro…