ONU

Refus suisse de signer une déclaration exhortant Riyad à libérer des activistes saoudiennes

Au nom de 36 Etats, dont tous les membres de l’Union européenne, l’Islande a manifesté sa vive préoccupation par rapport au traitement réservé par l’Arabie saoudite à des défenseurs des droits de l’homme. Les ONG sont furieuses de l’abstention suisse

Trente-six Etats, dont toute l’Union européenne, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada mettent l’Arabie saoudite, membre du Conseil des droits de l’homme (CDH) sous pression. Jeudi, au Palais des Nations, sous l’égide de l’Islande, ils ont fait une déclaration par laquelle ils exhortent Riyad à libérer toutes les activistes, en particulier plusieurs Saoudiennes qui militent pour les droits des femmes et qui sont actuellement détenues dans les prisons du royaume wahhabite. Ils somment aussi l’Arabie saoudite d’enquêter sérieusement sur le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, assassiné au consulat saoudien d’Istanbul. Parmi le groupe d’Etats, un absent remarqué: la Suisse.

Condamnation

Dans son intervention lue au pas de charge devant le CDH, l’ambassadeur islandais Harald Aspelund a certes salué «l’esprit de modernisation et de réforme présent dans la Vision 2030 de l’Arabie saoudite». Mais il a surtout exprimé les profondes inquiétudes du groupe d’Etats sur les arrestations continues et détentions arbitraires des défenseurs des droits humains dans le royaume wahhabite, dont plusieurs femmes. «Nous sommes très préoccupés par le recours à une loi antiterroriste et des clauses sécuritaires nationales utilisées contre des individus exerçant pacifiquement leurs droits et libertés.»