France

Regain de violence à Paris samedi en marge de la manifestation des «gilets jaunes»

L'acte 18 de la mobilisation des «gilets jaunes» a notamment été marqué par un important incendie. Plusieurs magasins et restaurants ont été saccagés

Au lendemain de l'acte 18 de la mobilisation des «gilets jaunes» à Paris, 92 personnes se trouvaient toujours en garde à vue. Selon le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, quelque 1500 militants «ultra-violents» s'étaient infiltrés parmi les 10 000 manifestants recensés à Paris. De nouveaux chiffres communiqués dimanche soir par le parquet de Paris font état de 250 personnes, dont 21 mineurs, placées en garde à vue en marge de cette journée de mobilisation. Parmi les 229 majeurs concernés, 87 se trouvaient toujours en garde à vue dans la soirée. 93 autres devaient être présentés dimanche au parquet en vue de suites judiciaires.

Un important incendie s'est déclaré dans un immeuble qui a dû être évacué boulevard Roosevelt, près des Champs-Elysées, faisant 11 blessés légers samedi en marge de l'acte 18 de la mobilisation des «gilets jaunes», a appris l'AFP auprès des pompiers.

«Deux personnes ont été sauvées des flammes. Une femme et son bébé étaient coincés au deuxième étage», ont indiqué les pompiers à l'AFP. Le feu est parti d'une banque au rez-de-chaussée. Le quartier a été bouclé et l'incendie maîtrisé peu avant 14H00, a constaté un journaliste de l'AFP. Selon un bilan provisoire, l'incendie a fait 11 blessés légers parmi lesquels deux policiers, selon les pompiers, qui ont mobilisé dix engins. Une enquête a été ouverte pour déterminer l'origine de l'incendie.

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«Les pompiers de Paris et nos forces de l'ordre viennent de procéder à l'évacuation de tous les habitants d'un immeuble, délibérément incendié. Le feu est maîtrisé. Les individus qui ont commis cet acte ne sont ni des manifestants, ni des casseurs: ce sont des assassins», a dénoncé sur twitter le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner.

«Ils auraient pu tuer»

Sur place une femme et ses quatre enfants, dont un bébé de 9 mois, a raconté à l'AFP, les larmes aux yeux, qu'ils étaient «descendus par les escaliers» de leur appartement au troisième étage. «On a d'abord senti la fumée des lacrymogènes et puis ensuite on a vu le feu par la fenêtre», a-t-elle expliqué, visiblement sous le choc.

«On a entendu des coups en bas au départ et il y avait des lacrymogènes pour évacuer les gens. Malgré ça, ils ont réussi à casser la banque», a ajouté Reda, le père, pour qui «ça sert à rien d'être agressif comme ça, regardez ce qui aurait pu se passer. Ils auraient pu tuer».

Des restaurants et magasins pillés

Sur les Champs-Elysées, les manifestants ont mis le feu à plusieurs kiosques à journaux et mais aussi à des panneaux de bois ou des barrières de chantiers qui servaient de barricade. Quelque 82 personnes ont été interpellées, selon un bilan communiqué à 13h30 par la préfecture. Et 30 personnes placées en garde à vue, a annoncé le parquet de Paris.

Auparavant, des casseurs ont pillé samedi des boutiques sur les Champs-Elysées lors de l'acte 18 de la mobilisation des «gilets jaunes», marqué par un regain de violence, a constaté un journaliste de l'AFP.

Sur la célèbre avenue de la capitale où ont convergé des milliers de «gilets jaunes», plusieurs barricades étaient en feu autour de midi. Tandis que des groupes, scandant des slogans anticapitalistes et anti-policiers, s'attaquaient aux magasins (Hugo Boss, Lacoste, Nespresso...) et aux restaurants.

Panneaux de protection en bois arrachés, vitrines cassées: la célèbre brasserie Le Fouquet's, qui est inscrite à l'inventaire des monuments historiques et fréquentée par de nombreuses personnalités, a également été vandalisée par des manifestants.

Des précédents

Sur la place de l'Etoile, des manifestants, pour beaucoup vêtus de noir, capuche sur la tête, masque de protection, ont lancé des pavés sur les forces de l'ordre qui répliquaient par des tirs de gaz lacrymogènes. Ces scènes de pillage et d'affrontements, qui rappellent celles des journées de mobilisation du 24 novembre et début décembre, n'avaient plus eu lieu depuis plusieurs week-end dans la capitale. Les images du quartier très touristique des Champs-Elysées vandalisé par des émeutiers, et celles de l'attaque de l'Arc de Triomphe avaient fait le tour du monde.

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