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David Cameron et Barack Obama lors d’une réunion à la Maison-Blanche le 16 janvier dernier.
© Erkan Avci

Etats-Unis

Le regard inquiet de Barack Obama sur la situation de l’Europe

A partir de vendredi, le président américain effectue sa cinquième visite d’Etat au Royaume-Uni et en Allemagne. Face aux difficultés de l’UE, il remet le continent au cœur des intérêts stratégiques des Etats-Unis

Quand Barack Obama débarquera en Angleterre vendredi et en Allemagne dimanche, il découvrira une autre Europe que celle qui l’a accueilli près de la porte de Brandenbourg à Berlin en juillet 2008. Il rencontrera un premier ministre britannique David Cameron malmené à deux mois d’un vote fatidique sur le maintien ou non du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne. Il soulignera, «si on le lui demande», que l’allié britannique a intérêt à rester ancré au sein de l’UE. Un «Brexit» toucherait directement les intérêts stratégiques de l’Amérique en affaiblissant le «bloc» des démocraties occidentales face à la Russie ou à la Chine.

Lire aussi: Brexit: Bruxelles redoute le scénario du pire

En Allemagne, où Angela Merkel est secouée par une crise des réfugiés qui pourrait faire imploser l’UE, le président américain viendra là aussi apporter son soutien à une chancelière allemande qu’il apprécie et dont il salue le courage.

Barack Obama a longtemps cru que l’Europe était suffisamment stable pour qu’on lui prête un peu moins d’attention. Rien n’illustra mieux ce que certains ont décrit comme une «négligence» que «l’oubli» de l’administration américaine d’envoyer un haut responsable politique à une marche à Paris au lendemain de l’attentat contre Charlie Hebdo à laquelle participèrent de nombreux chefs d’État. Face à cette omission, la Maison-Blanche avait présenté ses plates excuses. A contrario, les Européens avaient placé en Barack Obama des espoirs irréalistes après son élection historique de novembre 2008.

La politique de «pivot» vers l’Asie annoncée par la Maison-Blanche a déstabilisé des Européens qui critiquent l’interventionnisme irréfléchi de l’administration de George W. Bush et qui s'attendent toujours à bénéficier de la protection du parapluie sécuritaire américain. Aujourd’hui, les risques de désintégration de l’UE forcent le président démocrate à changer son regard sur l’allié européen. Les tensions entre Washington et Moscou ayant fortement augmenté en raison du conflit en Ukraine et en Syrie, les Etats-Unis musclent leur présence en Europe. En 2012, l’administration démocrate avait réduit de quatre à deux brigades les forces terrestres américaines basées sur le Vieux Continent. Désormais, face à la peur de voir Vladimir Poutine diviser davantage l’Europe, le Pentagone a, à titre préventif, dopé son budget militaire pour l’Europe, le faisant passer de 789 millions de dollars à 3,4 milliards afin d’armer davantage l’est de l’Europe.

Le terrorisme et le TTIP au coeur des discussions

A la foire d’Hanovre, le président américain tentera de prouver que les Etats-Unis tiennent à l’allié allemand et européen. Pour sa cinquième visite d’Etat en Allemagne, il sera accompagné d’une délégation de 600 personnes. En se promenant avec Angela Merkel dans les Herrenhaüser Gärten de la capitale de Niedersachsen, Barack Obama cherchera à faire avancer le dossier du traité transatlantique de libre-échange (TTIP) qui patine. Il sera aussi question de la lutte contre le terrorisme à la lumière des récents attentats de Bruxelles et de Paris. Mais il devra affronter une opposition d’une partie des Allemands (les Verts et die Linke) qui dénoncent le projet du Pentagone de remplacer d’ici à 2020 ses armes nucléaires tactiques datant de la Guerre froide stationnées en Allemagne par des modèles plus modernes pour quelque dix milliards de dollars.

Lire aussi: Le TIPP arrive à un tournant

Au Royaume-Uni, où il se rend également pour la cinquième fois en sa qualité de président, Barack Obama arrive en terrain miné. Dans une longue interview accordée au magazine The Atlantic, Barack Obama a égratigné Londres et Paris, laissant entendre qu’ils s’étaient trop reposés sur l’action de Washington dans l’intervention en Libye qui a débouché sur le chaos qu’on connaît aujourd’hui. La presse britannique l’a mal reçu. Refusant le concept de «puissance indispensable» pour décrire l’Amérique, le président estime que le Royaume-Uni, au même titre que les autres alliés, doit respecter son engagement de consacrer 2% de son PIB à la défense comme prévu par les directives de l’OTAN.

Parler d’indifférence d’Obama serait aussi déplacé. Le président américain a fortement soutenu le maintien de la Grèce dans l’UE, a œuvré étroitement avec ses homologues européens pour adopter des sanctions contre la Russie après l’annexion de la Crimée et en a fait de même pour permettre un accord sur le climat à la Conférence de Paris (COP21). Son rapport à l’Europe a quelque chose d’historico-romantique. Rien à voir avec l’ex-secrétaire d’État adjointe Victoria Nuland («Fuck the EU»), ou l’ex-patron du Pentagone Donald Rumsfeld qui décrivait la France et l’Allemagne comme la «vieille Europe».

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