Cela fait près de six ans qu’il roule sa bosse à travers la planète pour tenter de venir en aide à des millions de personnes déplacées en quête d’un lieu sûr. Haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés, Filippo Grandi a la solidarité chevillée au corps. Actif dans le système onusien depuis la fin des années 1980, il voit dans sa mission actuelle la résultante de son éducation catholique et libérale à Milan qui lui a inculqué des valeurs et principe de solidarité et d’humanité. Cet élan vers l’international a trouvé racine dans les années 1960 et 1970 à l’époque des manifestations en faveur du Chili, de la Palestine ou pour le respect des droits humains dans tel ou tel pays du monde. «J’étais peut-être naïf, mais ce sont ces années qui m’ont donné envie d’agir ailleurs», dit-il modestement. De retour d’Afghanistan et de Syrie, il raconte au Temps les tourments de notre époque en matière d’asile.