Quand ils ont reçu, au cours de l’été, la demande de visa d’Ioulia Chifmanovitch, les services consulaires français n’ont pas tout de suite été méfiants. La guerre en Ukraine a conduit nombre de Russes à vouloir partir un temps pour échapper aux sanctions prononcées contre Moscou, à la mobilisation «partielle», ou simplement pour voyager. Et puis, les espions les plus dangereux de Vladimir Poutine, les tueurs et les saboteurs, sont rarement des femmes. Mais la prudence étant de mise avec un pays prêt à tout pour reprendre l’offensive en Ukraine, ils ont attendu d’avoir l’avis des services de renseignement français pour donner leur réponse.