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Nicolas Sarkozy délivre un discours à Avignon dans le cadre de la campagne des régionales.
© © Jean-Paul Pelissier / Reuters

France

Des régionales pour ou contre le FN

La forte progression du Front national dans les sondages donne aux prochaines élections régionales une portée nationale. A un an et demi de la présidentielle de 2017, les scores du premier tour, le 6 décembre, seront examinés à la loupe

Une bataille illustre le niveau d’alerte déclenché dans plusieurs régions françaises par la forte progression du Front national. Elle oppose, à Lille, l’historique quotidien La Voix du Nord, propriété du groupe belge Rossel (éditeur du Soir) à Marine Le Pen, tête de liste de son parti pour les élections régionales des 6 et 13 décembre. Après avoir annoncé, au cours du week-end, son intention de couper les aides locales à la presse si elle est élue, la dirigeante frontiste s’est attiré lundi les foudres de La Voix qui clamait en une hier: «Pourquoi une victoire du FN nous inquiète.» Une preuve, s’il en était besoin, du séisme que provoquerait le basculement dans son giron de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

Vent de panique

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La vérité, à moins d’une semaine du premier tour de ce scrutin à la proportionnelle – où le parti arrivé en tête au second tour avec au moins 34% des voix est assuré de rafler la majorité des sièges –, est qu’un vent de panique souffle depuis les attentats du 13 novembre sur la vie politique hexagonale. La menace terroriste, l’infiltration de kamikazes islamistes parmi les migrants, les problèmes chroniques de contrôles aux frontières ont logiquement réhabilité aux yeux de l’opinion les thèses sécuritaires, souverainistes et anti-islam du Front national.

Sûr de lui, le parti de Marine Le Pen a d’ailleurs fait aussitôt imprimer pour sa campagne en région Ile-de-France, autour de Paris, de nouvelles affiches montrant deux visages côte à côte. A gauche, celui d’une jeune femme blonde, souriante, coiffée d’un bonnet rouge. A droite, le visage d’une musulmane voilée de noir, dont on ne voit que les yeux. Slogan électoral? «Choisissez votre banlieue.» «L’enjeu de ces élections importe maintenant assez peu. On s’oriente vers un référendum pour ou contre le FN», estimait récemment le politologue Jean-Yves Camus, auteur de Les droites extrêmes en Europe (Ed. du Seuil).

Les 13 nouvelles grandes régions issues du redécoupage contesté de décembre 2014 ne sont pas toutes concernées. Le défi FN est surtout vrai en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, où Marine Le Pen est tête de liste; en Provence-Alpes-Côte d’Azur, où le FN est emmené par sa nièce Marion Maréchal Le Pen (qui aura 26 ans entre les deux tours), et en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes, où le très médiatique vice-président du Front, Florian Philippot, espère s’imposer. Un sondage BVA rendu public au cours du week-end montre que, dans les deux premières, le FN est parti pour s’imposer au second tour si les listes rivales de droite et de gauche ne s’unissent pas en un front républicain.

Un FN victorieux se retrouverait chargé de pans entiers de la vie quotidienne des Français comme l’aménagement du territoire, la gestion des écoles, la protection du patrimoine, le développement numérique ou… la gestion des fonds communautaires européens, dont il ne cesse de dénoncer les travers. Plus symboliquement, un FN vainqueur le 13 décembre marquerait de son empreinte trois métropoles clés à un an et demi de la présidentielle de 2017: Lille (avec la Belgique à ses portes), Marseille (le grand port méditerranéen) et Strasbourg (siège du Parlement européen et du Conseil de l’Europe). La question, dès lors, est de savoir comment les autres partis vont se positionner. Les socialistes au pouvoir, qui avaient raflé toutes les régions sauf l’Alsace en 2010, se savent aujourd’hui assurés d’une défaite cinglante. Ils espèrent conserver au moins trois régions (Bretagne, Aquitaine, Midi-Pyrénées) et poussent donc l’idée d’une alliance républicaine avec la droite pour barrer la route à l’extrême droite, de préférence via une fusion des listes au second tour.

Le «ni ni» de Sarkozy

Le parti Les Républicains (LR) de Nicolas Sarkozy est par contre moins clair, car il a beaucoup plus à perdre dans ce genre d’union contre nature. Conforté par la victoire de sa formation aux départementales de mars 2015 (66 départements pour la droite, 30 pour la gauche, aucun pour le FN), l’ancien président s’est prononcé à la fois contre un rapprochement avec le PS, et contre le FN, allant jusqu’à menacer d’exclusion tout candidat tenté de flirter avec ce dernier. Sauf que, sur le terrain, Les Républicains sont divisés, la frange la plus droitière du parti s’inquiétant de voir ses électeurs happés par un Front national légitimé par ses implantations locales et régionales et désormais positionné par sa direction comme un parti d’alternance, pressé de gouverner.

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