Quatrième étage d’un vieil immeuble cossu, en plein cœur du Quartier latin à Paris. Deux portes côte à côte, à la sortie de l’ascenseur étroit et lent, d’où suinte une douce musique classique. A gauche, pas de nom pour signaler l’appartement de Régis Debray. A droite, en revanche, une étiquette collée sur la porte signale le pied-à-terre parisien de l’écrivain Denis Tillinac. Deux mondes et deux histoires sur le même palier: celui des illusions révolutionnaires pour Régis Debray, ancien compagnon de Che Guevara dans la jungle bolivienne des années 60; et celui du bon sens rural français pour le Corrézien chiraquien Tillinac. Avec un trait de pensée commun chez ces deux hommes de lettres: la désaffection pour l’Europe devenue trop marchande, machine financière à broyer les peuples et les civilisations.