2 juin 1953. Le couronnement de la reine, encore princesse fragile

Un peu plus d’un an après le décès de son père, Elisabeth II est officiellement couronnée à l’abbaye de Westminster. C’est la première fois qu’une telle cérémonie est entièrement filmée. La jeune femme de 26 ans entame donc son règne sous les regards du public. Avec sa voix haut perchée et cette couronne qui semble trop lourde pour sa tête, Elisabeth, considérée comme fragile et projetée vers son rôle plus tôt que prévu, effectue ses premiers pas avec précaution.


27 mai 1977. Les Sex Pistols jouent «God Save the Queen», le temps de l’aristocrate empoussiérée

Au moment du jubilé d’argent qui célèbre les 25 premières années de la reine sur le trône, le groupe punk Sex Pistols provoque le scandale en chantant «God Save the Queen, a fascist regime». Aux yeux d’une partie des Britanniques, la reine est devenue une mère de famille aristocrate, un peu distante et guère amusante. La monarchie semble lointaine et peu en phase avec la contre-culture des années 1970. Preuve de sa capacité d’adaptation: une pièce commémorative de la chanson a été réalisée pour l’actuel jubilé de platine.

Lire aussi: Elisabeth II, l’équation à 1000 inconnues


29 juillet 1981. Charles et Diana se marient, la monarque redore son blason

Pour la monarchie comme pour l’image de la reine, rien ne vaut un conte de fées. Diana Spencer, 20 ans, se marie avec le célibataire Charles, 32 ans. Une princesse pour son prince, veulent croire les 28 millions de téléspectateurs britanniques. Cet engouement populaire rappelle à quel point les grandes cérémonies restent essentielles pour l’image de la souveraine, qui profite de ce moment pour renforcer sa popularité. Margaret Thatcher a été élue deux ans plus tôt et la monarchie se modernise.


6 septembre 1997. Funérailles de Lady Diana, la reine inflexible

Sans doute la principale crise publique de l’histoire de la reine. Diana décède dans un accident de voiture, poursuivie par des paparazzis, et Elisabeth II rechigne pendant plusieurs jours à venir à Buckingham Palace pour mettre le drapeau en berne. L’époque est au mouvement culturel «cool Britannia» et l’inflexibilité de la reine passe très mal. La presse, d’habitude extrêmement révérencieuse, ose même quelques critiques. Elisabeth II se pliera finalement aux exigences du public et plus d’un million de Britanniques suivront le cortège.

Lire encore: Un documentaire brosse un portrait impressionniste d'Elisabeth II, une reine singulière


3 juin 2012. Jubilé de diamant, la grand-mère de la nation

Charles s’est remarié, les affaires familiales sont remises en ordre. La reine s’est imposée comme la grand-mère de la nation, une figure rassurante et incontournable, toujours présente pour les rendez-vous importants. Plusieurs centaines de milliers de Britanniques se pressent le long de la Tamise pour la voir lors d’un défilé de bateaux. Quelques semaines plus tard, pour la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, la reine jouera à faire croire qu’elle saute en parachute avec Daniel Craig, alias James Bond. Elle ose même l’humour, sa popularité est au plus haut.


10 mai 2022. La reine manque l’ouverture du parlement, le déclin

Elisabeth II est désormais veuve et connaît un «problème de mobilité», selon la formule du palais. Elle manque l’ouverture du parlement, une cérémonie annuelle où elle lit d’habitude, devant tous les députés, le programme de «son» gouvernement, qu’elle n’a pas écrit. La santé de la reine décline, les Britanniques osent à peine l’évoquer. Le prince Charles la remplace au pied levé. De facto, il est en train de devenir un régent, même si toute abdication est exclue.

Lire aussi: Les quasi-adieux des Britanniques à leur reine