C'est en pleine tempête de sable que Christian Winter, chef du bureau de liaison suisse à Bagdad, a quitté l'Irak mardi matin. Parti dans deux voitures avec son collègue de la DDC Daniel Beyeler ainsi qu'une journaliste en direction d'Amman, la capitale jordanienne, il témoigne: «Nous avions de la peine à voir quoi que ce soit avec le sable. Je m'attendais à un trafic énorme pendant ces 900 km, mais il y avait étonnamment peu de monde sur les routes. Les Irakiens partaient plutôt vers la Syrie. A Bagdad, la séparation avec les quatre employés locaux du bureau était très émouvante. Quand nous sommes partis, la situation était encore assez calme malgré les tensions palpables notamment dans les stations d'essence et le fait que moins de personnes circulaient la nuit. La situation a évolué depuis.»

En stand-by à la représentation suisse à Amman, Christian Winter trie et transmet à l'ambassadeur tout le matériel pris de Bagdad. Il devrait rentrer en Suisse dans les jours qui viennent, sa présence n'étant pas indispensable en Jordanie. En contact permanent avec des partenaires humanitaires en Irak, Daniel Beyeler sera le premier des deux à repartir vers Bagdad. Christian Winter: «Alors que le jeune bouclier humain suisso-algérien est parti en bus vers Damas, le Bernois de 57 ans est resté sur place. Je l'ai rencontré mais n'ai pas réussi à le convaincre de partir.» Seule une personne assure actuellement une «présence physique» dans le bureau de liaison. Quelques ordinateurs s'y trouvent encore. Mais sans données, s'empresse de préciser le diplomate.